Il était une taupe
Qui nuit après jour,
Persévérante, terrassait
Pour un tunnel à sa convenance
Mille monticules de terre.
Elle se prit d’amour
Pour un lutin venu camper,
En conquérant estival,
Sur le terrain du myope animal.
Dépité d’entendre le lutin
Piétiner ses bosses-bandes,
Une nuit qu’il faisait si chaud
Que notre petit bonhomme, confiant,
Avait laisser entr’ouvert sa maison de toile,
La taupe, de ses petites dents acérées,
Vint mordre la cuisse du dormeur
Au demeurant fort appétissante.
Au matin, tout enflé de colère,
Le campeur déclara la guerre à la bestiole.
- Chérie, c’est quoi le dîner de ce soir ?
- De la taupe en daube ma chère Ann !
