Tu m’as gardé la tête à la surface de l'eau,
Sans jamais me guider vers un rivage serein,
Retenant par le fil d’un fragile sursaut
Les pages du passé que je tournais en vain.
Tu errais dans ma vie sans jamais la combler,
Trop distant pour m'offrir un amour véritable,
Et le pire n'est pas le refus d'exister,
Ni le froid d’un rejet cruel mais équitable :
Le plus vicieux poison de ce jeu insensé,
C'est ce soupçon d'amour, cette maigre étincelle,
Pile assez pour souffrir sans pouvoir renoncer,
Et consumer mon cœur sous une plaie éternelle.
