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Poème écrit par Viemartienne

Les anges meurent de nos blessures

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Les anges ne descendent pas du haut des nuages,
Ils ont des gestes, des rides, de simples visages,
On les rencontre au hasard d'un jour ordinaire,
Et, pour qui sait les voir, ils changent la lumière.

On se souvient de celui qui veillait sur nos cœurs,
Chuchotant que la braise jamais ne s'éteint ;
Ou du voyageur qui surgit aux heures de peur,
Nous sauve en quelques mots, puis s'échappe soudain.

Et de l'Amie, blottie tout contre nous,
Mains offertes, ailes grandes ouvertes,
Qui recoud nos douleurs et nos pertes
À grands fils de murmures doux.

Nous leur confions nos nuits sans sommeil,
Nos colères froides qui s'éveillent,
Nos fardeaux, nos tourments enracinés,
Leur bienveillance, sans bruit, les a emportés.

Mais avons-nous tourné la tête
Vers leurs mains lasses, ce souffle qui s'arrête ?
Nous avons pris sans presque rien leur rendre,
Sans vrai merci, sans chercher à comprendre.

Nos douleurs aux dents acérées
Ont mordu leurs corps souvent oubliés,
Ont déchiré leurs plumes si légères,
Et étouffé leurs miracles de verre.

Alors nos anges se meurent de nos blessures,
De nos silences lourds de brûlures,
Des cris ravagés qu'on n'a jamais su dire,
Qui saignent encore, refusant de guérir.

Bientôt leur voix se consume en cendres,
Leurs pas s'effacent au détour des jours,
Leurs paumes cessent enfin de tendre
La chaleur à nos cœurs trop sourds.

On se retrouve seuls, éperdus,
Face à nos fêlures ouvertes et nues,
Nous les cherchons dans l'obscurité
Mais sans nous, les anges n'ont pas d'éternité.

Tous droits réservés © Poème posté le 30/09/2026 par Viemartienne

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