Pour que tu m’offres la fleur interdite,
Tu sais, celle dont le désir m’habite.
J’ai versé dans ma syntaxe le parfum,
Celui qui, aux jeunes filles, donne faim.
Pour que tu m’offres la fleur cachée,
Celle qui ne fleurit que les soirs d’été,
J’ai versé sur ma toile les couleurs
Qui donnent aux jolies filles, du bonheur.
Pour que tu m’offres ta fleur déployée,
J’ai trempé ma plume dans ton encrier.
Alors j’ai entendu l’encre crier.
Froissé est le drap, tâché est le papier.
Pour que ta fleur garde les silences,
J’ai recueilli son ombre en patience,
Là, caché dans le jardin des brumes,
Lorsque la mer dépose son écume.
Ce soir j’ai ramassé des pétales,
En suivant tes pas dans le dédale.
Ils étaient tombés de ta fleur fanée,
Là, posées sur les chemins pavés.
Qu’en phénix renaisse ta fleur cueillie.
Alors je noierai ma plume meurtrie.
Elle plongera en tes chagrins enfouis,
Loin de la lumière, au cœur de la nuit.
