Et moi je me souviens des ailes que j'avais*
Quand j'étais alouette au poing du jour levant
par ces matins légers que le vent soulevait
je m'allais guillerette embrasser l'air du temps
Et moi je me souviens de ces aubes ravies
La rosée de la nuit imprégnant mes pieds nus.
Savoureux comme un fruit au parvis de ma vie
Je dégustais le monde à bouche que veux-tu.
Je m'en régale encore en dépit des années
Qui m'ont, l'aile taillée, tenue en bassecour
Je picore toujours le grain que j'ai glané
Ma mémoire est nourrie de mes vols au long cours
