La Puberté, se la racontait maillot deux pièces jambes bien droites grande
roulant du popotin jupe bien serrée
Grande queue de cheval et yeux fardés
Elle regardait son contraire la sénilité
La Sénilité, cet espèce de bonne femme aux lunettes écailles
Rondes et ses cheveux mal coiffés son nez proéminent moche dans toute sa splendeur
s’appuyant contre l’accoudoir du canapé
et rêvant à son ancien monde
Son amant et ses amours perdues et sa santé
« si je suis vieille et vilaine c’est pas de ma faute
Je suis un être humain et je demande le respect
La gentillesse elle en a marre de s’incliner
Elle se mit à hurler et à frapper d’un grand coup sur la table
Il y en a marre
» gronda la Sénilité.
« Et toi, tu crois que t’es ou ? Tu n’as pas mon niveau et du n’est pas dans ma team alors reste à ta place et ne me cause pas dit la puberté qui n’osait la regarder en face
Et se cachait dans un coin
Ainsi commença leur querelle, l’une vrillant au point de devenir hystérique et l’autre terrorisée
La Puberté regardait la sénilité effrayée par tant de mots et de cris
Mais la sénilité continuait de pleurer et d’hurler à tout va
« Respecte mes limites ! » criait la vieille dame. Je n’ai pas ta jeunesse et ni ta beauté pour moi cela est terminé
« Respecte mes élans ! Et cesse de m’envier tu n’arriveras pas à mon niveau et tu le sais
Un jour, la Puberté trébucha sur la colère
et pour la première fois, resta immobile. De peur
La Sénilité, une fois apaisée se pliât comme un roseau
et lui tendit une main ridée à cette gosse
« Tu sais, petite, je ne suis pas là pour te choquer
Je suis ce que tu deviendras, un jour mais je ne serai plus là
pour le voir
et toi, tu es ce que j’ai été avec plus de sensibilité et mes sentiments plus forts encore que les tiens sans doute
La Puberté baissa les yeux, un peu honteuse
de ces allusions
La Sénilité, elle,s’excusa d’avoir tant grondé
comme si la jeunesse lui donnait envie de venger
Elles s’assirent côte à côte,
le serpent et la chouette
et comprirent que l’une est jeune
ce que l’autre est vieille
Comme ces contraires que l’on connaît bien
La bonté et l’égoïsme
La beauté et la laideur
Morale :
La jeunesse croit que le temps ne s’arrête jamais
Et se voit éternelle
la vieillesse croit que le temps la délaisse
Mais toutes deux oublient qu’elles marchent
sur le même chemin,
La Puberté, chaussée légère et frivole
La Sénilité, en chaussons qui pèsent lourds sur les cailloux
