Léchant avec ardeur la toison de la Terre,
Le feu a dévasté les nids et les maisons ;
À jets d’eau corrosive, on lui a fait la guerre,
Retardant, de la vie, la longue guérison.
Le sol est hérissé de ses tristes vestiges ;
Quelques chevreuils noircis errent, désemparés ;
La route a reconquis ses bruits et son prestige
Et l’azur a vêtu de nouveau l’empyrée.
L’incendie ravageur n’est plus qu’un mauvais songe,
On vaque à sa besogne hors des pensées chagrines ;
L’un s’attelle au jardin, l’autre en un roman plonge,
Chacun a retrouvé la paix de sa routine,
Ce rassurant mensonge.
