O rage! Orage, orage
J'implore ta presence
Orage, approche donc
De tes éclairs, la danse
Sonnerait à ma conque
Un doux parfum de miel
Dont Lucifer lui même
Serait jaloux du fiel
S'ecoulant de ta flemme
Allez orage, allez
Secoue donc ta paresse
Et vient donc arroser
Nos terres sécheresses
Nos ruisseaux en détresse
O rage !
Qui doit on implorer
Les dieux semblent furieux
Et punissent les cieux
Sans nuage; à l'orée
Des forêts craquelées
Plus d'animaux, plus d'eau
Vestiges de châteaux
Tiennent encore droits
Les arbres, eux, parfois
Se courbent et pivotent
Vers les sols, fracassant
Dans leurs chutes, les hôtes
Délaissant leurs tanières
Se blessant aux ornières
Nulle pluie
Nulle vie
L'orage nous a fuit
Laissant derrière lui
Un éclair amoindri
Un parfum de misère
Sur la forêt austère
