Elle est née
avec quelque chose
que personne ne voyait
Les arbres
n'apprenaient jamais
à devenir des arbres.
Les fleurs
ne s'excusaient jamais
de fleurir.
Les rivières
retrouvaient la mer
sans jamais douter
du chemin.
Tout semblait
ignorer
qu'il pouvait exister
une autre manière
d'être.
Sauf elle.
Elle grandissait
comme une question
au milieu
d'une phrase
déjà terminée.
à contre-sens.
Les années
passèrent.
sans bruit.
avant d’apprendre qui elle était,
elle apprit à ne pas l’être.
Elle respirait.
C'était suffisant
pour vivre.
Jamais pour exister.
Elle récitait
une langue
dont chaque mot
l'éloignait
un peu plus d'elle-même.
Elle portait son nom
comme on porte
un vêtement trouvé.
À la bonne taille.
Jamais à la bonne peau.
puis il y eut
cette désobéissance.
Infime.
Presque tendre.
Son cœur
prenait parfois
quelques battements
d'avance.
Elle détournait
les yeux.
Lui,
jamais.
Il cognait
contre ses côtes
avec l'obstination
des choses
qui veulent naître.
il retenait
ce qu'elle s'efforçait
d'oublier.
Alors,
elle s'en allait.
Comme on referme
un livre
qu'on n'a pas
le droit d'emporter.
Le manteau
retrouvait
sa menteuse.
Le sourire
son mensonge.
Et le monde
la version
qu'il préférait.
Certains appelleraient cela
un crime.
D'autres,
un péché.
D'autres encore,
une maladie
dont les livres
ont fini par rougir.
Pourtant,
ce n'était jamais
qu'un cœur
qui refusait
de mentir.
Et tout ce vacarme,
pour une femme
qui en aimait une autre.
Poème écrit par
Camille Grégoire
À contre-sens
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Tous droits réservés © Poème posté le 08/08/2026 par Camille Grégoire
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