Je suis parti de l'ombre où se noyaient mes rêves,
Là où l'espoir s'endort sous le poids des douleurs.
J'ai fait de mes blessures une force qui s'élève,
Et j'ai semé l'avenir dans un désert de peurs.
Les nuits furent témoins de mes longues batailles,
Quand le monde riait de mes ambitions d'or.
Chaque échec forgé comme un éclat de médaille
Me disait en silence : « Va plus loin, plus fort. »
Je n'envie plus personne en gravissant la cime ;
Le vrai luxe est celui d'avoir gardé son nom.
Car les palais s'effondrent quand le mensonge s'exprime,
Mais la vérité bâtit des royaumes de plomb.
J'ai vu l'argent séduire et trahir les promesses,
Changer les vieux amis en fantômes inconnus.
J'ai compris que la gloire est parfois une ivresse
Qui laisse les vainqueurs plus seuls qu'ils ne l'ont cru.
Alors je marche encore, le regard vers l'aurore,
Le cœur lourd des absents, mais l'âme pleine de feu.
Je préfère tomber en poursuivant l'effort
Que vivre à genoux sous les chaînes des envieux.
Qu'importe si le vent renverse mes empires,
Je rebâtirai tout avec mes propres mains.
Les étoiles n'offrent rien à ceux qui veulent fuir ;
Elles éclairent seulement ceux qui créent leur chemin.
Et lorsque viendra l'heure où s'éteindra ma voix,
Qu'on dise simplement devant mon dernier souffle :
« Il n'a jamais vendu son courage ni sa foi ;
Il est resté debout quand le destin s'essouffle. >>
