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LES VIOQUES LA JUSTICE ET LES GOSSES

Les vioques, la justice et les gosses
On dit qu’on est des vioques,
qu’on a passé la date,
qu’à 58, 59, 60 piges
on devrait laisser la place a qui ?
à ceux qui savent , ceux qui ont 18 ans ?
Mais la vérité, c’est qu’on tient encore debout,
Pourquoi parce qu'on a pas le choix
qu’on porte les gosses, ceux qu'on a pas pu avoir et ceux qu'on aura jamais
qu’on essuie leurs tempêtes, enfin on apprend...
Pendant que certains...envoient des mails...
qu’on recolle leurs colères avec ce qu'on sait
Qu'on a pas appris parce qu'on est pas diplômé
Dans le périscolaire,
on est les anciens,
ceux qui savent écouter, ou qui comprennent rien comme moi
ceux qui savent quand un enfant va bien…sauf on lui demande
ou quand il va pas bien il,dira rien
Mais les évènements, les histoires, les rumeurs,
ça tourne vite, ah oui
ça s’emballe, parce que ça court dans tous les sens
ça juge avant de comprendre, ben oui
ça condamne avant d’entendre.
On dit qu’on a une mauvaise image,
Le pervers le psychopathe ou la refoulée
le mauvais exemple et ça ça nous colle à la peau comme un vieux pull troué
qu’on est trop vieux pour le terrain,
qu’on devrait ralentir, et qu'on est toutes des "mamies"
qu’on devrait disparaître , moi il y a des fois j'aimerais bien
Mais les enfants, eux,
ils s’en foutent de nos années.
Ils te demandent pas ton âge et si tu leur dit
ben ça les fait rigoler
Ils voient juste qu’on est là, pour les occuper
qu’on tient la barque, même si on a pas de fiancé
qu’on met de la lumière dans leurs matins.
La justice, elle,
elle avance avec des papiers,
des rapports, des trucs vrais et beaucoup de faux
des mots qui pèsent lourd.
Et parfois elle oublie
que derrière les lignes,
y’a des humains,
des gens qui amusent les gosses
des animatrices, et des enseignants
des gens qui donnent plus qu’ils reçoivent.
On est peut-être des vioques,
Mais on a droit au respect
On a vu des générations défiler,
des écoles changer,
des directions tourner,
des règles s’empiler.
Des gens qui te regardent de haut
Parce qu'ils ont des diplômes
Et malgré tout,
on revient chaque matin,
parce que les enfants, eux,
ils vont vers ceux qui leur veulent du bien
Ils savent quand tu les respectes,
quand tu les protèges,
quand tu les aimes.
Alors oui,
58, 59, 60 ans…
et alors ?
On a l’âge de la patience,
ou l'âge de la retraite
ou l'âge des larmes
l’âge de la tendresse, et la pitié
l’âge de dire “je suis là et je suis ce que je suis "
Si j'avais pu garder ma jeunesse
Mais avec l'éducation que j'ai
je préfère t'ignorer
On nous colle des étiquettes,
on nous met dans des cases,
on nous regarde comme si on était des meubles
qu’on doit ranger au grenier.
quand tout le monde regarde ailleurs.
Les vioques,
c’est peut-être nous…
mais c’est aussi ceux
qui tiennent encore le monde
avec leurs deux mains.

Tous droits réservés © Poème posté le 29/06/2026 par Anne28

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