Les visiteurs 4 : Bonus – Édition Prestige
Conseil pratique : visionnez d’abord le film (à coté)
(Cette édition comporte un Boîtier métallique de luxe, Hologramme 3D de l’affiche, Scènes coupées, Critique internationale, Making Of, Interview avec les spectateurs, Discours du Réalisateur — variante mégalomanie modérée, et le Super Bonus à la fin !)
Avertissement :
Que ceux qui n’ont pas acheté la version Prestige s’arrêtent ici !
La suite est réservée aux fans, aux passionnés de l’art de la crânisation virtuelle.
________________________________________
LES VISITEURS 4 : PANIQUE À SAINT TROPEZ
Le film invisible qui se projette dans votre esprit.
Un poème film de Aadlov Devers
Illustré par votre imagination
Édité en version Prestige.
Ici seulement : les bonus.
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PRÉFACE
Il existe des films qui se regardent.
D’autres qui s’écoutent.
Et puis, il y a ceux qui se lisent…
… et qui prennent vie dans votre crâne.
Ce poème est un écran.
Votre esprit est le projecteur.
Votre mémoire est la salle obscure.
Bienvenue dans la crânisation poétique :
le cinéma sans caméra,
le film sans film,
l’image sans image.
Installez vous.
Respirez.
Laissez défiler.
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1. SCÈNE COUPÉE — Les Gendarmes de la Plage
Alors que l’OVNI commence à vibrer et clignoter,
les deux gendarmes surgissent en courant, moustaches au vent, képis de travers.
Ils se font immédiatement bousculer par un parasol volant.
GENDARME 1 (en trébuchant)
Holà ! Holà ! Messieurs ! La plage est privée !
Veuillez donc circuler, c’est zone réglementée !
GENDARME 2 (montrant un carnet d’amendes)
Et si vous n’obtempérez pas, voyez l’amende, tiens :
C’est cent écus par tête… et par pantalon aussi bien !
GENDARME 1 (sérieux comme un pape)
Car ici, c’est la barrière nudisme intégral :
Sans caleçon, sans braies, c’est permis — sinon, c’est fatal !
Il montre un panneau :
NUDISME – TEXTILES INTERDITS.
Godefroy hurle. Jacquouille éclate de rire.
GODDEFROY (épouvanté)
Par Sainte Rolande ! Quelle hérésie infâme !
On veut me dépouiller de mon honneur et de mon âme !
JACQOUILLE (plié en deux)
Ouééé Messire, faut tomber la cotte d’maille !
Ici, c’est fesses à l’air, sinon c’est la pagaille !
Les gendarmes tentent d’approcher l’OVNI pour verbaliser…
mais le vaisseau les aspire dans un souffle qui leur arrache leurs képis.
GENDARME 2 (hurlant en tournoyant)
Reveneeeeez ! C’est pas homologué !
C’est pas dans le code de la sécurité !
Ils retombent dans un tas de serviettes, complètement sonnés.
________________________________________
2. BONUS — REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE
À propos de Les Visiteurs 4 : Panique à Saint Tropez
(Film invisible, mais déjà critiqué partout.)
________________________________________
Critique anglaise
« The French have finally done it.
Ils ont perdu la tête.
Un film qui n’existe pas, projeté dans l’esprit du public ?
Un réalisateur poète fier d’un budget de zéro ?
C’est du génial n’importe quoi.
Mais du n’importe quoi quand même. »
________________________________________
Critique américaine
Ton Hollywood dramatique, inquiet, presque paniqué.
« Hollywood is in danger.
Si les Français peuvent faire des blockbusters sans caméras,
sans acteurs,
sans studios…
alors l’industrie est en péril.
Aadlov Devers vient de déclarer la guerre au cinéma mondial.
Et il pourrait bien gagner. »
________________________________________
Critique italienne —
Façon opéra, lyrique, passionnée, vibrante.
« Mama mia… che piacere !
Les alexandrins tombent du balcon comme des amants trop pressés,
mais quelle passion !
Quelle folie !
Aadlov Devers, maestro sans orchestre,
offre un spectacle qui ferait pleurer Verdi. »
________________________________________
Critique québécoise Savoureuse, directe, chaleureuse.
« Ben là… c’est ben flyé ton affaire !
Les alexandrins ?
Y’en a qui tiennent,
pis y’en a qui ont pris la sortie d’urgence.
Mais Devers a du guts.
Un film sans film,
pis ça marche pareil.
Chapeau mon chum. »
________________________________________
3. INTERVIEW AVEC LES SPECTATEURS
Une jeune demoiselle du public :
Bonjour… mais c’est absolument fou et original.
Comment avez vous découvert cette technologie — la crânialisation —
et comment cela fonctionne ?
J’ai vraiment eu l’impression d’être dans le film, à côté des interprètes.
LE RÉALISATEUR :
Voyez vous, c’est une technologie secrète, ancienne, antique même,
oubliée dans les tréfonds d’une pyramide,
que j’ai redécouverte par hasard, un soir de pleine lune…
J’ai dû me connecter moi même à un film des anciens temps.
Et j’ai vu que c’était plus réel que le plus réel des films HD.
La jeune demoiselle (un peu inquiète):
Incroyable… mais il faut quand même savoir lire.
LE RÉALISATEUR :
Ou savoir écouter des histoires autour d’un feu.
Nos ancêtres savaient faire ça très bien…
À l’époque — il n’y a pas si longtemps —
il n’y avait pas de télé,
le cinéma était à peine inventé,
et pourtant…
on se faisait des films dans sa tête.
________________________________________
Un impresario du public :
Et comment avez vous pu convaincre de revenir sur scène
Godefroy et son pote Jacquouille la Fripouille ?
Ils ne sont pas un peu trop âgés ?
LE RÉALISATEUR :
C’est très simple.
Ceux là sont des avatars, immortels, toujours jeunes et bienveillants.
De plus, ils ont une affinité avec la poésie.
On croirait qu’en traversant le temps,
ils sont devenus poètes.
________________________________________
Un critique littéraire :
Monsieur, avec tout le respect que je vous dois,
comment avez vous pu imaginer une telle… hérésie littéraire ?
Vous mélangez tout : poésie (et encore, c’est gentil),
comédie, théâtre, prose, reportage de journal, scénario de film.
C’est un peu trop, pour moi et sûrement pour d’autres.
LE REALISATEUR :
Voyez vous, cher ami et confrère,
l’originalité est un risque assumé.
Parfois ça marche, parfois non.
Mais il y a un fil qui lie tout cet ensemble apparemment hétéroclite.
C’est le fil d’Ariane.
Et je crois bien que vous ne l’avez pas encore saisi.
Regardez mieux :
le fil, c’est le chemin…
c’est retourner le monde, en rire,
pour qu’il retrouve son âme.
C’est ce qu’on essaye de faire.
Et quand on est un peu poète —
et comique sans s’en rendre compte —
on secoue le cocotier en espérant que les noix
tombent à côté…
de la plaque,
et fassent réfléchir.
________________________________________
Question pour Godefroy :
Qu’est ce qui vous a fait retourner après tant d’années
dans ce rôle dramatique et si épuisant ?
C’est courageux de votre part !
GODDEFROY :
Mais combien de fois dois je vous le dire ?
Je suis moi même !
Un chevalier poète.
Montjoie ! Donnez moi mon épée, je vais vous le démontrer.
« Ô siècle de miroirs, ô monde en errance,
Je suis Godefroy moi même, regardez ma prestance ! »
________________________________________
Une dame cultivée, ancienne prof de français :
Une question pour Jacquouille :
Comment faites vous pour rester toujours aussi marrant ?
C’est votre prononciation qui a un charme ?
JACQOUILLE :
Vouez vous, c’est simple.
Je suis né comme ça.
OKeee ?
C’est naturel.
Je peux vous faire le pou poulet cosmique,
le pi pigeon voyageur,
et même des rimes qui ne riment pas.
Car je ne sais pas pour qui vous me prenez,
mais je suis aussi un p’tit poète,
comme l’autre, François, mon pote à l’école primaire.
La dame :
— François ?
JACQOUILLE :
— Villon, mon ami de taverne.
La dame (offusquée)
— Ce n’est pas possible, il vivait à une autre époque !
JACQOUILLE (levant les yeux)
— Messire, je veux la potion !
Avec un peu de fumé si possible.
Et du sucre.
Et du chocolat.
J’en peux plus de toutes ces questions !
Vraiment, ces gueux n’ont rien compris.
Je vais leur faire la grenouille.
Il s’accroupit et saute.
- Wuak wuak !
Le public :
C’est génial ! On vous reconnaît !
Là, on a enfin tout compris !
CUT
________________________________________
4. MAKING OF — SCÈNE 1 : ARRIVÉE SUR LA PLAGE
Caméra tremblante. Micro qui frotte. Soleil trop fort.
Un assistant court derrière un parasol qui s’envole.
GODDEFROY
(à moitié costumé, l’autre moitié en short Décathlon)
Par la barbe de Sainte Rolande !
Où sommes nous donc, Jacquouille ?
Ce royaume sent la friture et la crème solaire !
JACQOUILLE
(pas encore maquillé, lunettes de soleil, sourire supérieur)
Ben… j’crois qu’on est dans un endroit où les gueux se battent
pour des rectangles de tissu.
C’est l’enfer, Messire.
Mais avec des glaces.
[Un gendarme acteur passe en courant, poursuivi par un drone qui filme en 4K malgré lui.
GENDARME
Arrêtez ce truc !
Il m’a flashé trois fois !
J’vais finir dans un album de vacances !
GODDEFROY
(se prenant pour un héros)
Démon volant !
À moi, l’épée !
Il frappe le drone. Le drone explose en pluie de plastique.
Un touriste applaudit comme si c’était un spectacle de rue.
OPÉRATEUR DRONE
(hors champ, hurlant)
MAIS C’ÉTAIT LE DRONE DE LA PRODUCTION !
C’ÉTAIT PAS DANS LE SCRIPT !
GODDEFROY (sincèrement désolé… mais pas trop)
Tais toi, manant.
Je n’ai pas fait exprès.
Enfin… je crois.
________________________________________
SCÈNE 2 : L’OVNI MÉTÉO
Un ballon météo descend du ciel en zigzag, mais trop vite, trop bas, trop dangereux.
JACQOUILLE (impro totale)
Messire… c’est un gros œuf de pigeon ?
Un pigeon mutant ?
Un pigeon… cosmique ?
GODDEFROY (jouant l’exaspéré, mais riant hors champ)
Non, c’est un signe des cieux !
Ou un démon rond !
Ou un accessoire mal attaché !
Le ballon se dégonfle sur eux.
Ils disparaissent sous la toile.
On entend des insultes médiévales étouffées.
GENDARME 1 (imitant Louis de Funès, mais très mal)
Encore eux ?
Mais ils sortent d’où, ces deux là ?
Du Moyen Âge ou du PMU ?
VOIX OFF DU RÉALISATEUR (épuisé, mais poétique)
De votre imagination, mon brave.
Et elle n’a pas fini.
Moi non plus, hélas.
________________________________________
SCÈNE 3 : LE DRONE 2 (LE RETOUR)
Un deuxième drone décolle.
Il tremble.
Il hésite.
Il fuit.
ASSISTANT RÉALISATEUR
Pourquoi il part vers la mer ?
QUI A MIS LE MODE “FUITE” ?!
JACQOUILLE
(le poursuit en courant)
Reviens, p’tit oiseau !
J’te ferai pas d’mal !
Enfin… j’crois.
Viens là, p’tit pi pigeon !
Le drone plonge dans l’eau.
Un enfant applaudit.
Le producteur pleure.
________________________________________
15. DISCOURS DU RÉALISATEUR
(Variante : mégalomanie modérée)
Mesdames, Messieurs,
chers spectateurs de l’invisible,
amis du Verbe,
compagnons de l’imaginaire…
Avant tout, laissez moi vous offrir ceci :
le quatrain originel,
la petite étincelle,
le coup de tonnerre dans mon crâne.
Il lit, avec un sérieux démesuré.
« Ce soir, pop cornes, vous allez voir,
En beaux anciens alexandrins,
Un grand moment de notre Histoire :
Godefroy… et Jacquouill’ le vilain. »
Voilà.
C’est parti de là.
D’un vers mal réveillé, griffonné sur un ticket de caisse,
entre un paquet de nouilles et un gel douche senteur “orage tropical”.
Et soudain — illumination.
La muse m’a frappé.
Ou peut être un pigeon.
Je ne sais plus.
Mais quelque chose est tombé du ciel.
Alors j’ai compris :
le cinéma n’a plus besoin de caméra.
Le film n’a plus besoin d’être filmé.
L’image n’a plus besoin d’exister.
Il suffit…
d’un cerveau.
Du vôtre.
J’ai donc inventé —
et je pèse mes mots —
la crânisation poétique.
Oui.
Le cinéma qui se projette directement dans votre tête!
Sans écran.
Sans projecteur.
Sans budget.
(Le producteur a adoré cette partie.)
Vous êtes devenus, ce soir :
• les salles obscures,
• les écrans géants,
• les enceintes Dolby Atmos,
• les popcorns aussi, parfois.
Et moi,
ancien poète — ou presque, selon les opinions —
je vous ai offert le tout premier film
qui n’existe pas encore
mais qui est déjà culte.
Un film sans image.
Un film sans son.
Un film sans acteurs.
Un film sans argent.
Bref :
un film français.
Mais un film français… révolutionnaire !
Alors merci.
Merci d’avoir vu ce que personne n’a filmé.
Merci d’avoir entendu ce que personne n’a enregistré.
Merci d’avoir ri, vibré, imaginé.
Et surtout…
merci d’avoir lu.
Car au fond,
le cinéma commence là :
dans une phrase,
dans un souffle,
dans un mot qui claque,
dans une rime qui s’envole.
Bienvenue dans la crânisation.
Bienvenue dans le futur.
Bienvenue (bien ré venue) dans votre propre tête.
________________________________________
6. SUPER BONUS — Le Poème dans le Sable
La plage de Saint Tropez retrouve son calme.
Le soleil descend lentement, les parasols se ferment,
et les derniers grains de sable volent comme des lucioles fatiguées.
Un marmot, armé d’une pelle rouge et d’un seau bleu, gratte le sable
avec l’acharnement d’un petit archéologue en mission secrète.
Soudain, il s’arrête net.
LE MARMOT
Oh ! M’man ! Regarde !
J’ai trouvé un papier ! Un vrai ! Un vieux ! Un froissé !
La mère arrive, lunettes de soleil de travers, serviette sur l’épaule.
Elle prend délicatement le papier couvert de sable.
LA MAMAN
Voyons voir ça…
On dirait… un poème ?!
Elle souffle dessus. Le sable s’envole.
On lit, écrit à la plume, un vers oublié :
« Quand le temps se déchire, Messire, faut pas s’en faire :
On suit la rime, le rythme et parfois... la lumière . »
Le marmot fronce les sourcils, perplexe.
LE MARMOT
Un poème, maman ?
C’est quoi… un jouet, dit ?
LA MAMAN
(s’accroupissant, douce)
C’est un jouet, mon cœur… un jouet pour les grands,
Quand la Parole s’écrit… l’on redevient… comme enfant.
Le marmot hoche la tête, sans tout comprendre,
mais il garde le papier comme un trésor.
Il le glisse dans son seau, entre un coquillage et un caillou brillant…
________________________________________
FIN – THE END
(Disclaimer qui défile en profondeur, en 3D, style Star Wars)
J. Goddefroy, C. Jacq’ouille ainsi que
les deux employés de la gendarmerie
sont ici des personnages fictifs
qui n’ont aucun rapport
avec une quelconque réalité
ou antériorité cinématographique.
Aucun acteur, drone ou animal n’a été blessé pendant le tournage.
L’OVNI n’existe pas !
Il ne faut pas laisser l’imagination s’emballer…
Par contre, la crânialisation poétique est bien nouvelle…
Générique de fin…
@MMXXVI
Silence… Écran noir…
Une dernière information surgit à l’écran
(pour ceux qui n’ont pas encore éteint la télévision
ou changé déjà de programme) :
Pour revisionner le film sans la télécommande,
allez sur la première page du poème d'à coté .
Pour vous coucher, allez dans votre lit.
Bonne nuit.
Mais avant :
— N’oubliez pas de fermer votre E crâne !
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(Cette édition comporte un Boîtier métallique de luxe, Hologramme 3D de l’affiche, Scènes coupées, Critique internationale, Making Of, Interview avec les spectateurs, Discours du Réalisateur — variante mégalomanie modérée, et le Super Bonus à la fin !)
Avertissement :
Que ceux qui n’ont pas acheté la version Prestige s’arrêtent ici !
La suite est réservée aux fans, aux passionnés de l’art de la crânisation virtuelle.
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LES VISITEURS 4 : PANIQUE À SAINT TROPEZ
Le film invisible qui se projette dans votre esprit.
Un poème film de Aadlov Devers
Illustré par votre imagination
Édité en version Prestige.
Ici seulement : les bonus.
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PRÉFACE
Il existe des films qui se regardent.
D’autres qui s’écoutent.
Et puis, il y a ceux qui se lisent…
… et qui prennent vie dans votre crâne.
Ce poème est un écran.
Votre esprit est le projecteur.
Votre mémoire est la salle obscure.
Bienvenue dans la crânisation poétique :
le cinéma sans caméra,
le film sans film,
l’image sans image.
Installez vous.
Respirez.
Laissez défiler.
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1. SCÈNE COUPÉE — Les Gendarmes de la Plage
Alors que l’OVNI commence à vibrer et clignoter,
les deux gendarmes surgissent en courant, moustaches au vent, képis de travers.
Ils se font immédiatement bousculer par un parasol volant.
GENDARME 1 (en trébuchant)
Holà ! Holà ! Messieurs ! La plage est privée !
Veuillez donc circuler, c’est zone réglementée !
GENDARME 2 (montrant un carnet d’amendes)
Et si vous n’obtempérez pas, voyez l’amende, tiens :
C’est cent écus par tête… et par pantalon aussi bien !
GENDARME 1 (sérieux comme un pape)
Car ici, c’est la barrière nudisme intégral :
Sans caleçon, sans braies, c’est permis — sinon, c’est fatal !
Il montre un panneau :
NUDISME – TEXTILES INTERDITS.
Godefroy hurle. Jacquouille éclate de rire.
GODDEFROY (épouvanté)
Par Sainte Rolande ! Quelle hérésie infâme !
On veut me dépouiller de mon honneur et de mon âme !
JACQOUILLE (plié en deux)
Ouééé Messire, faut tomber la cotte d’maille !
Ici, c’est fesses à l’air, sinon c’est la pagaille !
Les gendarmes tentent d’approcher l’OVNI pour verbaliser…
mais le vaisseau les aspire dans un souffle qui leur arrache leurs képis.
GENDARME 2 (hurlant en tournoyant)
Reveneeeeez ! C’est pas homologué !
C’est pas dans le code de la sécurité !
Ils retombent dans un tas de serviettes, complètement sonnés.
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2. BONUS — REVUE DE PRESSE INTERNATIONALE
À propos de Les Visiteurs 4 : Panique à Saint Tropez
(Film invisible, mais déjà critiqué partout.)
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Critique anglaise
« The French have finally done it.
Ils ont perdu la tête.
Un film qui n’existe pas, projeté dans l’esprit du public ?
Un réalisateur poète fier d’un budget de zéro ?
C’est du génial n’importe quoi.
Mais du n’importe quoi quand même. »
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Critique américaine
Ton Hollywood dramatique, inquiet, presque paniqué.
« Hollywood is in danger.
Si les Français peuvent faire des blockbusters sans caméras,
sans acteurs,
sans studios…
alors l’industrie est en péril.
Aadlov Devers vient de déclarer la guerre au cinéma mondial.
Et il pourrait bien gagner. »
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Critique italienne —
Façon opéra, lyrique, passionnée, vibrante.
« Mama mia… che piacere !
Les alexandrins tombent du balcon comme des amants trop pressés,
mais quelle passion !
Quelle folie !
Aadlov Devers, maestro sans orchestre,
offre un spectacle qui ferait pleurer Verdi. »
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Critique québécoise Savoureuse, directe, chaleureuse.
« Ben là… c’est ben flyé ton affaire !
Les alexandrins ?
Y’en a qui tiennent,
pis y’en a qui ont pris la sortie d’urgence.
Mais Devers a du guts.
Un film sans film,
pis ça marche pareil.
Chapeau mon chum. »
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3. INTERVIEW AVEC LES SPECTATEURS
Une jeune demoiselle du public :
Bonjour… mais c’est absolument fou et original.
Comment avez vous découvert cette technologie — la crânialisation —
et comment cela fonctionne ?
J’ai vraiment eu l’impression d’être dans le film, à côté des interprètes.
LE RÉALISATEUR :
Voyez vous, c’est une technologie secrète, ancienne, antique même,
oubliée dans les tréfonds d’une pyramide,
que j’ai redécouverte par hasard, un soir de pleine lune…
J’ai dû me connecter moi même à un film des anciens temps.
Et j’ai vu que c’était plus réel que le plus réel des films HD.
La jeune demoiselle (un peu inquiète):
Incroyable… mais il faut quand même savoir lire.
LE RÉALISATEUR :
Ou savoir écouter des histoires autour d’un feu.
Nos ancêtres savaient faire ça très bien…
À l’époque — il n’y a pas si longtemps —
il n’y avait pas de télé,
le cinéma était à peine inventé,
et pourtant…
on se faisait des films dans sa tête.
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Un impresario du public :
Et comment avez vous pu convaincre de revenir sur scène
Godefroy et son pote Jacquouille la Fripouille ?
Ils ne sont pas un peu trop âgés ?
LE RÉALISATEUR :
C’est très simple.
Ceux là sont des avatars, immortels, toujours jeunes et bienveillants.
De plus, ils ont une affinité avec la poésie.
On croirait qu’en traversant le temps,
ils sont devenus poètes.
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Un critique littéraire :
Monsieur, avec tout le respect que je vous dois,
comment avez vous pu imaginer une telle… hérésie littéraire ?
Vous mélangez tout : poésie (et encore, c’est gentil),
comédie, théâtre, prose, reportage de journal, scénario de film.
C’est un peu trop, pour moi et sûrement pour d’autres.
LE REALISATEUR :
Voyez vous, cher ami et confrère,
l’originalité est un risque assumé.
Parfois ça marche, parfois non.
Mais il y a un fil qui lie tout cet ensemble apparemment hétéroclite.
C’est le fil d’Ariane.
Et je crois bien que vous ne l’avez pas encore saisi.
Regardez mieux :
le fil, c’est le chemin…
c’est retourner le monde, en rire,
pour qu’il retrouve son âme.
C’est ce qu’on essaye de faire.
Et quand on est un peu poète —
et comique sans s’en rendre compte —
on secoue le cocotier en espérant que les noix
tombent à côté…
de la plaque,
et fassent réfléchir.
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Question pour Godefroy :
Qu’est ce qui vous a fait retourner après tant d’années
dans ce rôle dramatique et si épuisant ?
C’est courageux de votre part !
GODDEFROY :
Mais combien de fois dois je vous le dire ?
Je suis moi même !
Un chevalier poète.
Montjoie ! Donnez moi mon épée, je vais vous le démontrer.
« Ô siècle de miroirs, ô monde en errance,
Je suis Godefroy moi même, regardez ma prestance ! »
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Une dame cultivée, ancienne prof de français :
Une question pour Jacquouille :
Comment faites vous pour rester toujours aussi marrant ?
C’est votre prononciation qui a un charme ?
JACQOUILLE :
Vouez vous, c’est simple.
Je suis né comme ça.
OKeee ?
C’est naturel.
Je peux vous faire le pou poulet cosmique,
le pi pigeon voyageur,
et même des rimes qui ne riment pas.
Car je ne sais pas pour qui vous me prenez,
mais je suis aussi un p’tit poète,
comme l’autre, François, mon pote à l’école primaire.
La dame :
— François ?
JACQOUILLE :
— Villon, mon ami de taverne.
La dame (offusquée)
— Ce n’est pas possible, il vivait à une autre époque !
JACQOUILLE (levant les yeux)
— Messire, je veux la potion !
Avec un peu de fumé si possible.
Et du sucre.
Et du chocolat.
J’en peux plus de toutes ces questions !
Vraiment, ces gueux n’ont rien compris.
Je vais leur faire la grenouille.
Il s’accroupit et saute.
- Wuak wuak !
Le public :
C’est génial ! On vous reconnaît !
Là, on a enfin tout compris !
CUT
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4. MAKING OF — SCÈNE 1 : ARRIVÉE SUR LA PLAGE
Caméra tremblante. Micro qui frotte. Soleil trop fort.
Un assistant court derrière un parasol qui s’envole.
GODDEFROY
(à moitié costumé, l’autre moitié en short Décathlon)
Par la barbe de Sainte Rolande !
Où sommes nous donc, Jacquouille ?
Ce royaume sent la friture et la crème solaire !
JACQOUILLE
(pas encore maquillé, lunettes de soleil, sourire supérieur)
Ben… j’crois qu’on est dans un endroit où les gueux se battent
pour des rectangles de tissu.
C’est l’enfer, Messire.
Mais avec des glaces.
[Un gendarme acteur passe en courant, poursuivi par un drone qui filme en 4K malgré lui.
GENDARME
Arrêtez ce truc !
Il m’a flashé trois fois !
J’vais finir dans un album de vacances !
GODDEFROY
(se prenant pour un héros)
Démon volant !
À moi, l’épée !
Il frappe le drone. Le drone explose en pluie de plastique.
Un touriste applaudit comme si c’était un spectacle de rue.
OPÉRATEUR DRONE
(hors champ, hurlant)
MAIS C’ÉTAIT LE DRONE DE LA PRODUCTION !
C’ÉTAIT PAS DANS LE SCRIPT !
GODDEFROY (sincèrement désolé… mais pas trop)
Tais toi, manant.
Je n’ai pas fait exprès.
Enfin… je crois.
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SCÈNE 2 : L’OVNI MÉTÉO
Un ballon météo descend du ciel en zigzag, mais trop vite, trop bas, trop dangereux.
JACQOUILLE (impro totale)
Messire… c’est un gros œuf de pigeon ?
Un pigeon mutant ?
Un pigeon… cosmique ?
GODDEFROY (jouant l’exaspéré, mais riant hors champ)
Non, c’est un signe des cieux !
Ou un démon rond !
Ou un accessoire mal attaché !
Le ballon se dégonfle sur eux.
Ils disparaissent sous la toile.
On entend des insultes médiévales étouffées.
GENDARME 1 (imitant Louis de Funès, mais très mal)
Encore eux ?
Mais ils sortent d’où, ces deux là ?
Du Moyen Âge ou du PMU ?
VOIX OFF DU RÉALISATEUR (épuisé, mais poétique)
De votre imagination, mon brave.
Et elle n’a pas fini.
Moi non plus, hélas.
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SCÈNE 3 : LE DRONE 2 (LE RETOUR)
Un deuxième drone décolle.
Il tremble.
Il hésite.
Il fuit.
ASSISTANT RÉALISATEUR
Pourquoi il part vers la mer ?
QUI A MIS LE MODE “FUITE” ?!
JACQOUILLE
(le poursuit en courant)
Reviens, p’tit oiseau !
J’te ferai pas d’mal !
Enfin… j’crois.
Viens là, p’tit pi pigeon !
Le drone plonge dans l’eau.
Un enfant applaudit.
Le producteur pleure.
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15. DISCOURS DU RÉALISATEUR
(Variante : mégalomanie modérée)
Mesdames, Messieurs,
chers spectateurs de l’invisible,
amis du Verbe,
compagnons de l’imaginaire…
Avant tout, laissez moi vous offrir ceci :
le quatrain originel,
la petite étincelle,
le coup de tonnerre dans mon crâne.
Il lit, avec un sérieux démesuré.
« Ce soir, pop cornes, vous allez voir,
En beaux anciens alexandrins,
Un grand moment de notre Histoire :
Godefroy… et Jacquouill’ le vilain. »
Voilà.
C’est parti de là.
D’un vers mal réveillé, griffonné sur un ticket de caisse,
entre un paquet de nouilles et un gel douche senteur “orage tropical”.
Et soudain — illumination.
La muse m’a frappé.
Ou peut être un pigeon.
Je ne sais plus.
Mais quelque chose est tombé du ciel.
Alors j’ai compris :
le cinéma n’a plus besoin de caméra.
Le film n’a plus besoin d’être filmé.
L’image n’a plus besoin d’exister.
Il suffit…
d’un cerveau.
Du vôtre.
J’ai donc inventé —
et je pèse mes mots —
la crânisation poétique.
Oui.
Le cinéma qui se projette directement dans votre tête!
Sans écran.
Sans projecteur.
Sans budget.
(Le producteur a adoré cette partie.)
Vous êtes devenus, ce soir :
• les salles obscures,
• les écrans géants,
• les enceintes Dolby Atmos,
• les popcorns aussi, parfois.
Et moi,
ancien poète — ou presque, selon les opinions —
je vous ai offert le tout premier film
qui n’existe pas encore
mais qui est déjà culte.
Un film sans image.
Un film sans son.
Un film sans acteurs.
Un film sans argent.
Bref :
un film français.
Mais un film français… révolutionnaire !
Alors merci.
Merci d’avoir vu ce que personne n’a filmé.
Merci d’avoir entendu ce que personne n’a enregistré.
Merci d’avoir ri, vibré, imaginé.
Et surtout…
merci d’avoir lu.
Car au fond,
le cinéma commence là :
dans une phrase,
dans un souffle,
dans un mot qui claque,
dans une rime qui s’envole.
Bienvenue dans la crânisation.
Bienvenue dans le futur.
Bienvenue (bien ré venue) dans votre propre tête.
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6. SUPER BONUS — Le Poème dans le Sable
La plage de Saint Tropez retrouve son calme.
Le soleil descend lentement, les parasols se ferment,
et les derniers grains de sable volent comme des lucioles fatiguées.
Un marmot, armé d’une pelle rouge et d’un seau bleu, gratte le sable
avec l’acharnement d’un petit archéologue en mission secrète.
Soudain, il s’arrête net.
LE MARMOT
Oh ! M’man ! Regarde !
J’ai trouvé un papier ! Un vrai ! Un vieux ! Un froissé !
La mère arrive, lunettes de soleil de travers, serviette sur l’épaule.
Elle prend délicatement le papier couvert de sable.
LA MAMAN
Voyons voir ça…
On dirait… un poème ?!
Elle souffle dessus. Le sable s’envole.
On lit, écrit à la plume, un vers oublié :
« Quand le temps se déchire, Messire, faut pas s’en faire :
On suit la rime, le rythme et parfois... la lumière . »
Le marmot fronce les sourcils, perplexe.
LE MARMOT
Un poème, maman ?
C’est quoi… un jouet, dit ?
LA MAMAN
(s’accroupissant, douce)
C’est un jouet, mon cœur… un jouet pour les grands,
Quand la Parole s’écrit… l’on redevient… comme enfant.
Le marmot hoche la tête, sans tout comprendre,
mais il garde le papier comme un trésor.
Il le glisse dans son seau, entre un coquillage et un caillou brillant…
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FIN – THE END
(Disclaimer qui défile en profondeur, en 3D, style Star Wars)
J. Goddefroy, C. Jacq’ouille ainsi que
les deux employés de la gendarmerie
sont ici des personnages fictifs
qui n’ont aucun rapport
avec une quelconque réalité
ou antériorité cinématographique.
Aucun acteur, drone ou animal n’a été blessé pendant le tournage.
L’OVNI n’existe pas !
Il ne faut pas laisser l’imagination s’emballer…
Par contre, la crânialisation poétique est bien nouvelle…
Générique de fin…
@MMXXVI
Silence… Écran noir…
Une dernière information surgit à l’écran
(pour ceux qui n’ont pas encore éteint la télévision
ou changé déjà de programme) :
Pour revisionner le film sans la télécommande,
allez sur la première page du poème d'à coté .
Pour vous coucher, allez dans votre lit.
Bonne nuit.
Mais avant :
— N’oubliez pas de fermer votre E crâne !
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Visionnez le film invisible d'abord ! LES VISITEURS 4 : PANIQUE A SAINT TROPEZ.
