La pâtée
J’ai lu dans leurs yeux crevés,
Le proverbe d’un jour de pluie.
Ce jour là où l’arc-en-ciel luit
Planté sur les mains levées
Du nain de jardin
De mon imbécile voisin.
J’ai lu dans tes yeux crevés,
Le poème écrit par la goutte
D’encre aux larmes d’une rosée.
Déclarer mon amour, je n’ai osé
Bousculé par les doutes
Que retient la beauté qui envoute.
Ils foncent dans le décor en ronde,
Les yeux crevés du monde.
Ni par tendresse, ni par haine,
Le chien pisse sur le nain de jardin.
Et dans la gamelle qui traîne :
Reste la pâtée.
J’ai lu dans vos yeux crevés,
Le symbole du cran d’arrêt
Relativisant le plaisir frais
D’un baiser alcoolique rêvé
Maladroit et furtif de l’adolescent
Aux pustules qui crèvent l’écran.
J’ai lu dans les yeux crevés,
Du chien boiteux qui se redresse,
Parfaitement docile à sa maîtresse.
Il pète sur ses genoux avec tendresse,
Sa queue se dresse demandant caresses.
Et dans la gamelle mal lavée :
Reste la pâtée…
Ils foncent dans le décor en ronde,
Les yeux crevés du monde.
La nuit les obus tombent en pluie
Quand la beauté s’évanouie.
Et dans la gamelle rouillée :
Reste la pâtée.
Elles pleurent, les orbites moribondes,
Des yeux crevés du monde.
La tendresse tire révérence,
Et le chien pisse sur mon voisin,
Le confondant au nain du jardin.
Regarde le fond de la gamelle :
Il reste de la pâtée.
Loïc ROUSSELOT
Le proverbe d’un jour de pluie.
Ce jour là où l’arc-en-ciel luit
Planté sur les mains levées
Du nain de jardin
De mon imbécile voisin.
J’ai lu dans tes yeux crevés,
Le poème écrit par la goutte
D’encre aux larmes d’une rosée.
Déclarer mon amour, je n’ai osé
Bousculé par les doutes
Que retient la beauté qui envoute.
Ils foncent dans le décor en ronde,
Les yeux crevés du monde.
Ni par tendresse, ni par haine,
Le chien pisse sur le nain de jardin.
Et dans la gamelle qui traîne :
Reste la pâtée.
J’ai lu dans vos yeux crevés,
Le symbole du cran d’arrêt
Relativisant le plaisir frais
D’un baiser alcoolique rêvé
Maladroit et furtif de l’adolescent
Aux pustules qui crèvent l’écran.
J’ai lu dans les yeux crevés,
Du chien boiteux qui se redresse,
Parfaitement docile à sa maîtresse.
Il pète sur ses genoux avec tendresse,
Sa queue se dresse demandant caresses.
Et dans la gamelle mal lavée :
Reste la pâtée…
Ils foncent dans le décor en ronde,
Les yeux crevés du monde.
La nuit les obus tombent en pluie
Quand la beauté s’évanouie.
Et dans la gamelle rouillée :
Reste la pâtée.
Elles pleurent, les orbites moribondes,
Des yeux crevés du monde.
La tendresse tire révérence,
Et le chien pisse sur mon voisin,
Le confondant au nain du jardin.
Regarde le fond de la gamelle :
Il reste de la pâtée.
Loïc ROUSSELOT
