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Derrière les bureaux

Derrière un bureau
J’te parle d’un monde où les mots trainent au fond d'un placard
Où les courriers se croisent comme deux trains qui s’ratent et au final tu ne sais rien

Un monde où tu ne sais plus ce qui est bien ,
sauf que tu dois payer ce qu'on appelle des relances , des mises en demeure ça tu connais !!

Puis une autre pour t’dire que c’est trop tard, que ça sert plus à rien d’te défendre.
Et on veut plus t'entendre !!

Elle s'est levée celle qui t'as brisée , elle a dit j'ai rien compris mais toi tu sais ...
J’te parle d’la justice et de ses aléas,
Des dossiers ficelés qu'on jette au panier , on appelle ça le classement vertical
Dans ce monde un peu bancal

Des papiers qu’on dépose, qu’on redépose, qu’on redemande encore, mais voilà tu tapes 1 2 3 et la touche dièse
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Comme si ta vie tenait dans un classeur , et là tu vois un tableau bien tracé avec des chiffres et tu piges que dalle

Et moi j’me dis qu’on aurait pu s’asseoir sur un petit siège en skaî
Derrière un bureau, face à face, deux humains, pas un numéros d'identifiant

On aurait pu parler vrai, sans robe noire, sans greffier,
Sans cette salle où tout le monde se ballade , il y a que les coupables qui se taisent...
Parce qu’un regard, ça vaut mieux qu’un recommandé.
Parce qu’une voix, ça vaut mieux qu’un jugement mal ficelé.
Parce qu’un rendez‑vous raté, ça fait moins mal qu’une audience imposée.
J’te parle d’ces moments où tu t’dis que t’es seule contre la machine, qui s'appelle la Grande Maison

Que t’as beau crier ta vérité, elle s’perd dans les couloirs , et ça pèse aussi lourd que ta douleur , celle que t'as à l'intérieur
Et pourtant, j’suis là, debout, même si parfois j’me sens pliée.
J’me bats contre les cases, les délais, les erreurs qu’on veut pas assumer.
Mais j’te jure…
J’te jure que si on m’avait rencontrée derrière un bureau,
Avec un café , une feuille de papier et un stylo
On aurait gagné du temps, de l’énergie, et peut‑être même un peu d’foi.
Parce qu’au tribunal, tout est trop grand, trop froid, trop loin.
Alors qu’un bureau, c’est petit, c’est simple, c’est humain.
Et moi, j’suis pas venue chercher la guerre,
J’suis venue chercher la justice, la vraie, celle qui écoute avant de juger.
Celle qui perd pas les dossiers, qui mélange pas les courriers,
Celle qui t’dit pas un jour d’attendre et l’lendemain que ça sert plus à rien d’espérer.
La dette tu dois la payer
Ton boulot est trop mauvais
Alors ouais…
J’te le dis sans détour, sans colère, sans drame :
C’est mieux de rencontrer les gens derrière un bureau
Que d’les retrouver dans une salle d’audience où personne n’a vraiment l’temps de t'écouter
L'affaire a été jugée
j'ai dit Monsieur le Président
Hélas...

Tous droits réservés © Poème posté le 04/06/2026 par Anne28

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