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Capharnaüm

S'ils se maintiennent sur le dos

C'est qu'ils sont morts

Sinon ils montent aux murs

Sinon ils vident les entrepôts

Sinon ils jouent les durs

Sinon il y en a toujours un qui endort

Toujours un qui endort les presque morts

Parce que leur temps passe en force

et leurs mâchoires veulent mordre

Alors ils mordent avec des dents dures

C'est leur seule vraie nature

Inutile de vouloir le redire



S'ils se maintiennent sur le dos

C'est qu'ils sont morts

Ils mordent et leur vie passe

Dans l'indifférence des morts

de ceux qui endorment

de ceux qui mordent

Et même du chacun pour soi

de ceux qui trépassent

C'est une indifférence à perte de vue

Il y a des champs maintenant

ce n'est pas un paysage de blé

d'orge ou de firmament



S'ils se maintiennent sur le dos

C'est qu'ils sont morts

C'est un alignement de corps

D'organismes en voie de durcissement

Encore frais de la vie

Avec de frêles tangages

Sur un côté ils peuvent encore tenir

pour des mois ou même des années

Ils peuvent croire que ça va durer

Et ça dure sans véritablement bouger

d'un côté ils peuvent ripper

sur le ventre ou de l'autre côté

mais ils sont déjà bien alignés

sur un champ où tous finissent

immobiles et sur le dos.



A la Seyne sur Mer
le 28/05/2026

Tous droits réservés © Poème posté le 02/06/2026 par Jean-Louis VASSALLUCCI

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