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Ce village porte des deuils

Ce village porte des deuils,
De vieux conflits exacerbés,
Car chaque iris, ici est seuil
De rancœurs noires et gravées.
Les croix de bois bordées de pierres
Penchent sur leur monticule gris.
Les humains seuls, ici s’enterrent ;
Les vivants, eux, grandes insomnies,
Dorment dans les champs, et les chemins,
Dans les maisons, et les rivières.
De pères en fils, curieux destins,
De ceux entés dans cette serre !
L’œil est oblique, toujours biaisant,
Toujours malsain, comme une guerre
Qu’on déclare pour la fin des temps,
De jours qu’on espère éphémères…
Si ténu soit l’espoir, il plante
Ses griffes coupantes dans nos chairs,
Et les bonheurs d’enfance mentent,
Nous mènent en régions étrangères,
Où les masques sont nos capitaines,
Les certitudes, presque plus rien.
Chacun a fui, sombre dégaine,
De vieillards encore galopins !
Le village croule, ses pierres tombent,
Les âmes emmurées en-dedans ;
Le silence lourd mutile et plombe,
Personne ne rit, personne n’attend !
Ce village est un Titanic ;
La vie, la joie, est son iceberg !
Le malheur suce, comme une tique,
Des vieux exsangues, mis en exergue…

Tous droits réservés © Poème posté le 31/05/2026 par Oberdada

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