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Ma lanneier gouez *
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Puisée au siècle qui souilla sa vertu,
entre cris et rugissements confondus,
s'abreuvant de l'ivresse des combats,
des prédateurs subissant ici le trépas,
d’après l'ignorance d'instants infâmes,
dans l’arrogance des mondes sans âme.

Là, les landes d'une contrée sauvage,
où n'affleurent que maigres pâturages,
excessivement loin des terres sacrées,
aux prés défrichés semblant écorchés,
la mère nourricière de tous nos biens,
ceinturant ce domaine qui est le mien.

Ainsi va le cycle des eaux vagabondes,
aux acres de terre aux herbes fécondes,
dans l'inspiration venant du firmament,
se fragmentera aux syllabes du temps,
remettant dès lors en cause l'embellie,
où s'invitera l'espoir qui redonnera vie.

La volupté règnera ici dans le partage,
sur les flustres landes du fief sans âge,
nourrit du sang des arômes du combat,
bordé d'arbres dont nul maintenant abat,
aux sillons lents des crevasses de rizière,
pareils aux rides des visages de misère.

Sous les effluves des chênes centenaires,
des genêts enivrés de l'odeur de funaire*,
abreuvant les bois sans commune mesure,
dans une folle farandole sans nulle césure,
en spectateur rêveur au monde qui s'éveille,
d'une nature noctambule encore en sommeil.
*ma lanneier gouez : ma lande sauvage

*lande : Étendue de terre où ne croissent que certaines plantes sauvages (ajonc, bruyère, genêt, etc.).
*funaire : mousse

Tous droits réservés © Poème posté le 30/05/2026 par Okami

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