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La vie est belle

La vie est belle, mais ce n’est pas une top-modèle. Elle s’appelle sûrement Adèle ou Scarlett. Est-elle frêle et squelettique ? Ou grosse et flasque ? Elle serait plutôt mince, fine comme un firmament intolérant au lactose, la Voie lactée, la venimeuse rose.
Et la vie court, elle ne cesse de courir vers un destin que certains nommeraient flou, mais que je nomme crasseux. Elle court jusqu’à en mourir de crise cardiaque. C’est une arrestation du cœur sous effets spatio-temporels. Donc, moi, je ne cours pas.
Un jour, le monde sera une poussière fine dans un espace sidéral et, nous, nous serons perdus dans la mémoire géante du cosmos. La vie pourra enfin arrêter de courir et contempler les vers d’Homère sous le soleil estival, ragoter des nouvelles tendances que les jeunes nomment « tendance », et, surtout, contempler l’instant, le silence, le vide, le fait de vivre en tant qu’être vivant qui vit, ne plus courir, pouvoir trottiner, pouvoir marcher, pouvoir flâner, pouvoir être immobile comme la lumière d’une étoile déjà éteinte. Et, moi, je devrai courir.
Seul, face au néant, je m’autodétruirai en courant jusqu’à la mort. Et, libre comme l’oiseau, je volerai haut vers les cieux sociaux, je vivrai l’extase d’une vie où la souffrance aura ses récompenses, je serai Homme enfin, et non un poète maudit par un être qui ne sait se décider entre l’existence et l’inexistence.
Quand enfin viendra la crise cardiaque, à quoi penserai-je ? Ô anxieuse question que voilà ! Penserai-je même à penser ?

Tous droits réservés © Poème posté le 27/05/2026 par Sebastien

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