Le fardeau de l'âne
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Ce n'est pas grave Aliboron
Si presque à l'unanimité
Les hommes répètent en rond
Que tu n'es pas vraiment futé.
Cette idée fixe a fait de toi
Le symbole de la bêtise
Et l'on prête beaucoup de foi
A ton peu de matière grise.
Quel potache cancre et obtus
Ne s'est jamais vu affublé
D'un infamant bonnet pointu
Destiné à te ressembler?
Lequel de ces individus
Qui par l'esprit ne brillent point
Ne s'est pas un jour entendu
Dire d'aller manger du foin ?
De tous les fardeaux que les hommes
T'ont fait endosser sans détour,
En charge de bête de somme,
Celui-là n'est pas le moins lourd.
Ce n'est pas juste Aliboron
D'être ainsi traité par des gens
Qui, pour autant qu'ils le diront,
Ne sont pas si intelligents
Car ils peuvent, sans honte avoir,
Admirer les propos ineptes
D'un gourou friand de pouvoir
Et suivre ses moindres préceptes.
Car ces prétendus érudits
Se trouvent être assez habiles
Pour inventer des maladies
Et vivre d'actes inutiles.
Ils ne savent plus se nourrir
D'une façon équilibrée
Et l'on en voit moult devenir
Des adipeux dénaturés.
Leur logique les a conduit
Jusqu'à aller s'empoisonner
En corrompant l'eau de leurs puits
Par une industrie forcenée.
Ils se comportent tout à fait
Comme un gus armé d'une scie
Qui découpe, l'air satisfait,
La branche où il se trouve assis.
Et puis dis-toi Aliboron
Que se moquer d'une autre engeance
Ne constitue pas le fleuron
D'une brillante intelligence.
Rappelle-toi plutôt le temps
Où, pitoyables et novices,
Tu les as connus bien contents
De disposer de tes services.
Quand il fallait désempierrer,
Pour l'ensemencer, un terrain,
Ils voyaient le soc pénétrer
Avec la force de tes reins.
S'ils ont élevé ces nids d'aigle
Pour se protéger des pillards
Qui furent bien souvent de règle,
C'est grâce à ton pied montagnard.
Qui convoyait les marchandises,
Qui foulait dans l'aire le blé,
Qui entraînait sans couardise
Une noria articulée,
Sinon toujours une bourrique,
Un pauvre baudet, mors aux dents,
Un petit âne pathétique
Ou un mulet accommodant?
Par ta peine et par ton courage,
Tu as aidé à façonner
Les éblouissants paysages
Qu'on loue en Méditerranée.
Ils le savaient Aliboron
Quand ils t'honoraient dans leurs fêtes,
Orné de tresses, de pompons,
De grelots d'argents, de bouffettes.
Aussi n'aie cure plus avant
De leur mépris de parvenus
Et songe que depuis longtemps
Tu es en haut lieu reconnu
Car tu restes la créature
Que jadis le Nazaréen
Voulut avoir comme monture
Pour son dernier voyage humain.
Si presque à l'unanimité
Les hommes répètent en rond
Que tu n'es pas vraiment futé.
Cette idée fixe a fait de toi
Le symbole de la bêtise
Et l'on prête beaucoup de foi
A ton peu de matière grise.
Quel potache cancre et obtus
Ne s'est jamais vu affublé
D'un infamant bonnet pointu
Destiné à te ressembler?
Lequel de ces individus
Qui par l'esprit ne brillent point
Ne s'est pas un jour entendu
Dire d'aller manger du foin ?
De tous les fardeaux que les hommes
T'ont fait endosser sans détour,
En charge de bête de somme,
Celui-là n'est pas le moins lourd.
Ce n'est pas juste Aliboron
D'être ainsi traité par des gens
Qui, pour autant qu'ils le diront,
Ne sont pas si intelligents
Car ils peuvent, sans honte avoir,
Admirer les propos ineptes
D'un gourou friand de pouvoir
Et suivre ses moindres préceptes.
Car ces prétendus érudits
Se trouvent être assez habiles
Pour inventer des maladies
Et vivre d'actes inutiles.
Ils ne savent plus se nourrir
D'une façon équilibrée
Et l'on en voit moult devenir
Des adipeux dénaturés.
Leur logique les a conduit
Jusqu'à aller s'empoisonner
En corrompant l'eau de leurs puits
Par une industrie forcenée.
Ils se comportent tout à fait
Comme un gus armé d'une scie
Qui découpe, l'air satisfait,
La branche où il se trouve assis.
Et puis dis-toi Aliboron
Que se moquer d'une autre engeance
Ne constitue pas le fleuron
D'une brillante intelligence.
Rappelle-toi plutôt le temps
Où, pitoyables et novices,
Tu les as connus bien contents
De disposer de tes services.
Quand il fallait désempierrer,
Pour l'ensemencer, un terrain,
Ils voyaient le soc pénétrer
Avec la force de tes reins.
S'ils ont élevé ces nids d'aigle
Pour se protéger des pillards
Qui furent bien souvent de règle,
C'est grâce à ton pied montagnard.
Qui convoyait les marchandises,
Qui foulait dans l'aire le blé,
Qui entraînait sans couardise
Une noria articulée,
Sinon toujours une bourrique,
Un pauvre baudet, mors aux dents,
Un petit âne pathétique
Ou un mulet accommodant?
Par ta peine et par ton courage,
Tu as aidé à façonner
Les éblouissants paysages
Qu'on loue en Méditerranée.
Ils le savaient Aliboron
Quand ils t'honoraient dans leurs fêtes,
Orné de tresses, de pompons,
De grelots d'argents, de bouffettes.
Aussi n'aie cure plus avant
De leur mépris de parvenus
Et songe que depuis longtemps
Tu es en haut lieu reconnu
Car tu restes la créature
Que jadis le Nazaréen
Voulut avoir comme monture
Pour son dernier voyage humain.
