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La retraite du pathologiste
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Après cinq décennies d’étude au microscope
De hordes de cellules, d’un œil attentif,
Afin de dépister ce facteur maladif,
Qui, chez l’indisposé, engendre la syncope,
Voilà que j’ai élu d’avancer autrement.

Le temps étant venu pour que je développe
Certaines industries de type alternatif,
Lesquelles m’aideraient à rester inventif
Afin de garder mon cerveau anisotrope,
C’est le choix que je fais rationnellement.

Je récupère alors caméras et lentilles
Et, pour de longs moments, je marche dans les bois ;
Demeurant à l’affût, je m’arrête parfois,
Je tire le portrait d’un noble volatile
Et je l’immortalise numériquement.

En d’autres temps bénis, mon atelier j’assiège
Pour le bois raboter, couper et façonner ;
C’est ainsi qu’à mes heures je suis menuisier
Et que je me détends sans faire de manège ;
Voilà que je turbine artisanalement.

Lorsque la page blanche s’éclipse, fugace,
Et que la poésie a l’heur de me ravir,
Je m’abouche à la muse daignant me transir
D’un appui bienveillant, enfiévré et sagace ;
Ainsi je m’investis spirituellement.

Je vous suis obligé, vous qui êtes bien sages,
Vous qui prêtez l’oreille à ce galimatias,
C’est pas moi ! C’est l’Égérie qui a voulu çà !
J’ai déversé mes vers pour inonder la page
Vous m’en voyez contrit, bien gouailleusement.

Mes vers barbituriques trahissant mon âge,
Me voilà larmoyant, « crocodilesquement »

Tous droits réservés © Poème posté le 26/05/2026 par Erdez

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