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Les enfants en couleurs les directeurs en costume

les directeurs en costume, les enfants en couleurs.
Moi, j’marche dans leur grande cour
où les sourires sont sur commande,
où les bonjours en fonction
de la tête du client...
où les chefs parlent tout bas
mais pensent pas plus loin que leur bureau

Ils ont des mots qui rassurent,
des phrases qui sonnent bien,
mais des gestes qui servent à rien.
Des “vous êtes animateur”
qui veulent dire “vas voir ailleurs”.
Des regards qui trient,
des mains qui se tendent
Pour faire semblant
des cases qu’on coche,
des heures qu’on compte,

comme si l’humain, ça se rangeait dans une armoire.
Les torchons les serviettes
On récupère les miettes
Et moi j’arrive avec mes pinceaux,
mes idées qui débordent,
mes ateliers bazard,
mes enfants qui rient trop fort.
La salle est envahie
ça sent la joie , ça sent la vie

Mais eux ils ont rien compris...
mais les enfants, eux, sont heureux.
Parce que le vrai, il est là :
dans les doigts pleins de peinture,
dans les histoires qu’on se raconte,
dans les soleils violets
et les nuages verts
parce que le jaune, aujourd’hui, ça lui plaît pas.
Et tu souris, parce que lui,
lui il a tout compris
à la vie.
Et puis y’a Baptistin,
celui qui pense très fort,
tellement fort que parfois ça déborde,
ça fusionne, ça explose,
qui sait pas faire semblant.
Y’a Lyna, toute fine,
qui pleure pour un caprice minuscule,
mais qui trouve toujours sa place,
bien décidée, bien ancrée,
une petite reine qui sait ce qu’elle veut.
Y’a Eva,
la petite artiste qui dessine trop bien,
qui aime pas le bruit,
c’est trop dur, ça lui cogne dans la tête,
mais qui adore faire l’andouille
quand elle se sent en sécurité.
Y’a Marc
le blond, le beau gosse,
celui qui pense juste,
qui comprend tout,
mais qui trouve toujours une excuse
pour pas dire que c’est sa faute.
Un charmeur, un vrai,
qui t’écoute pas,
mais qui t’entend quand même.
Y’a Yasmina,
la sensible
celle qui t’as écrit un mot
avec un arc en ciel dedans
que t’oublieras jamais,
un mot qui finira encadré sur ton frigo,
parce que c’est comme ça,
parce que ça t’as touchée au cœur,
parce que ça, c’est du vrai.
Et puis Cassou,
la brune raisonnable,
celle qui fait l’idiote
Mais qui a de la répartie
Qui pique au vif
juste assez pour rire,
juste assez pour exister.
Et tous les autres,
ceux qui viennent,
ceux qui viendront plus,
ceux qu’on t’a arrachés
parce qu’un jour,
quelques mails ont décidé
que toi,
toi tu devais plus être là.
Alors oui, ce soir,
ton tableau est noir.
Juste un mot : “c’est fini”.
Ça claque, ça pique, ça casse.
Mais moi je le sais,
toi aussi tu le sais :
les directeurs en costume,
ils passent.
Les enfants en couleurs,
eux, ils restent.
Dans tes mains,
dans ta tête,
dans ton cœur qui déborde.
Et demain,
tu reprendras tes pinceaux,
tes idées,
ta liberté.
Parce que l’art, c’est vrai.
Parce que les enfants, c’est vrai.
Parce que toi, Anne
t’es comme les autres
Et ça,
ça s’efface pas.

Tous droits réservés © Poème posté le 24/05/2026 par Anne28

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