Hommage à Jeremy Quincay - Le pan-bonheur
Jé,
Un jour tu m’as écrit un de ces aphorismes bien à toi :
Tant qu’il y a le langage, il y a le symbolique
et nous sommes préservés de la folie.
Reste à sublimer nos obsessions.
Exigence et Indulgence. Un beau mariage.
Alors qu’aujourd’hui devient un hier sans lendemain, tes mots résonnent comme une trahison.
Non, nous ne sommes pas préservés de la folie. Circulaire, elle serpente et entoure de conditionnel la gamme chromatique de nos camisoles chimiques jusqu’à l’étouffement. Le langage et le symbolique sont-ils vraiment de si solides remparts ?
Ta mort est devenue obsession et me reste l’exigence de la sublimer.
Comment, Jé ? Dis-moi comment ?
Avec cette exigence, oui. Avec cette colère collée aux viscères entre coulures et ratures.
Mais sans indulgence aucune.
Mourir, toi ? Cette question ne devrait même pas exister.
Je regarde ce "pan-bonheur" que tu m'as offert.
Un pan à la bonne heure, celle où les mots devenaient étai pour toi, pour moi.
Je l’entends désormais chanter sa muette mélodie d'oiseau dont le ramage a perdu toutes ses couleurs.
Pan ! Pan ! Pan !
Pan ! Dieu du passage entre la Nature, marquée par la "pan-ique" et la Culture, marbrée de musique.
Le Souffle premier.
La musique et les mots.
La musique des mots.
D'où naît l'infinie symbolisation du monde.
D'où naît la poésie.
Pan ! Et sa flûte dans les mains de Bacchus et d'Apollon dont tu es sans doute l’incarnation fusionnée !
Et puis :
Pan ! La fulgurance de nos écrits !
Pan ! Pan-ique de la page blanche. Pan-ique de la page mal noircie.
Pan ! Pan-ique de nos vies qu'effleurent nos peaux et nos peurs à vif.
Et puis Pan ! Oui, non, Pan ! Un flingue posé sur la tempe du romantisme noir, puits sans fond dans lequel baignent nos âmes qui se sentent si souvent esseulées.
Pan ! Le tac au tac de nos calembours parfois de toc mais toujours avec cette "politesse du désespoir", qu’est l’humour. Aussi sarcastique, ironique ou cynique soit-il.
Et puis aussi large, si large pan de générosité, d'amour et de bonté. Mille sourires en révérence sous le chapeau bas, sans jamais aucune irrévérence.
Tu as réveillé Endymion pour le libérer de la folie de Séléné. Mais à peine a-t-il cessé d’être fantasme qu’il est devenu fantôme. Encore une belle ironie de ta part.
Mes yeux à moi se ferment sur le réel que je continue de refuser à affronter. Mourir, toi ? Cette question ne devrait pas exister. Et pourtant... Jé, je te promets que tant que l’encre coulera dans mes veines, je continuerai à le poétiser ce maudit réel, ton « pan-bonheur » toujours à mes côtés.
Un jour tu m’as écrit un de ces aphorismes bien à toi :
Tant qu’il y a le langage, il y a le symbolique
et nous sommes préservés de la folie.
Reste à sublimer nos obsessions.
Exigence et Indulgence. Un beau mariage.
Alors qu’aujourd’hui devient un hier sans lendemain, tes mots résonnent comme une trahison.
Non, nous ne sommes pas préservés de la folie. Circulaire, elle serpente et entoure de conditionnel la gamme chromatique de nos camisoles chimiques jusqu’à l’étouffement. Le langage et le symbolique sont-ils vraiment de si solides remparts ?
Ta mort est devenue obsession et me reste l’exigence de la sublimer.
Comment, Jé ? Dis-moi comment ?
Avec cette exigence, oui. Avec cette colère collée aux viscères entre coulures et ratures.
Mais sans indulgence aucune.
Mourir, toi ? Cette question ne devrait même pas exister.
Je regarde ce "pan-bonheur" que tu m'as offert.
Un pan à la bonne heure, celle où les mots devenaient étai pour toi, pour moi.
Je l’entends désormais chanter sa muette mélodie d'oiseau dont le ramage a perdu toutes ses couleurs.
Pan ! Pan ! Pan !
Pan ! Dieu du passage entre la Nature, marquée par la "pan-ique" et la Culture, marbrée de musique.
Le Souffle premier.
La musique et les mots.
La musique des mots.
D'où naît l'infinie symbolisation du monde.
D'où naît la poésie.
Pan ! Et sa flûte dans les mains de Bacchus et d'Apollon dont tu es sans doute l’incarnation fusionnée !
Et puis :
Pan ! La fulgurance de nos écrits !
Pan ! Pan-ique de la page blanche. Pan-ique de la page mal noircie.
Pan ! Pan-ique de nos vies qu'effleurent nos peaux et nos peurs à vif.
Et puis Pan ! Oui, non, Pan ! Un flingue posé sur la tempe du romantisme noir, puits sans fond dans lequel baignent nos âmes qui se sentent si souvent esseulées.
Pan ! Le tac au tac de nos calembours parfois de toc mais toujours avec cette "politesse du désespoir", qu’est l’humour. Aussi sarcastique, ironique ou cynique soit-il.
Et puis aussi large, si large pan de générosité, d'amour et de bonté. Mille sourires en révérence sous le chapeau bas, sans jamais aucune irrévérence.
Tu as réveillé Endymion pour le libérer de la folie de Séléné. Mais à peine a-t-il cessé d’être fantasme qu’il est devenu fantôme. Encore une belle ironie de ta part.
Mes yeux à moi se ferment sur le réel que je continue de refuser à affronter. Mourir, toi ? Cette question ne devrait pas exister. Et pourtant... Jé, je te promets que tant que l’encre coulera dans mes veines, je continuerai à le poétiser ce maudit réel, ton « pan-bonheur » toujours à mes côtés.
Ce texte est un hommage à Jérémy Quincay, mon ami poète trop tôt, bien trop tôt disparu. En cherchant à retrouver le poème "Le réveil d'Edymion" qu'il m'avait écrit quelques jours avant sa mort par sms éphémère, je suis tombée sur ce site où il a posté quelques uns de ses écrits... chose qu'il avait cachée à nombre d'entre nous. Je m'y suis inscrite pour rester à ses côtés et ne pas perdre pied, si jamais je voulais donner dans de l'alexandrin.
Je l'entends encore me dire "Je ne suis pas poète". Soit. Mais ami, oui, Jé, ami.
Je l'entends encore me dire "Je ne suis pas poète". Soit. Mais ami, oui, Jé, ami.
