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6 Semaines en suspension

Et toi, clouée dans ton fauteuil roulant,
Tandis qu’autour s’enroule le temps,
Tu t’effaces devant des élans impossibles
Comme derrière une paroi inaccessible.

La sournoise dépendance devient citadelle,
Où ta vie s’étiole telle une chandelle ;
Et ton identité s’effiloche aux jointures
Dans ce huis clos sans ouverture.

Ton existence désormais se réduit
À des espaces envahis d’ennuis ;
Chaque seuil ressemble à une montagne,
Chaque geste demande une campagne.

Les jours passent avec leurs gestes répétés,
Leurs petites géographies refermées,
Et dans cette lenteur forcée
Il faut réinventer la traversée.

Pourtant, sous l’immobilité se trame
Une déambulation intime et secrète,
Une pensée voulant garder sa flamme,
À répéter des pirouettes dans la tête.

Alors un je-ne-sais-quoi bascule,
Glisse vers un monde minuscule,
Un lieu instable où se perd sans fin
Ton esprit funambule de félin.

Tous droits réservés © Poème posté le 21/05/2026 par Viemartienne

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