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La forêt a pris feu

Sur moi les griffes de la nuit
Comme des chiens dans le noir
Je dors sous la terre humide
Pour éviter mon miroir

Je suis une arme fatiguée
Chargée contre le vide
Debout dans une chambre blanche
À regarder le plafond fondre

Je tombe si bas
Que même l’écho m’oublie
Le fond du gouffre avait ton visage calme
Et ses yeux sans lendemain

La forêt a pris feu
Les arbres parlaient dans la cendre
La forêt a pris feu
Et le ciel sentait le fer chaud

J’ai parlé si fort
Que la nuit s’est fendue
Mais mes cris reviennent froids
Dans les branches nues

Le temps boite dans la poussière
Comme une bête qu’on traîne
Je laisse derrière moi
Des morceaux de lumière

Quelque chose monte derrière mes yeux
Lentement, sans visage
Des visions cognent contre ma peau
Comme des oiseaux de rage

Ton nom traverse la fumée
Trait de glace dans mes veines
Et tout bascule sans bruit
Même le chaos se tait

Réduire le champ de bataille
À la distance de nos doigts
Faire taire le monde entier
Dans ton souffle contre moi

Tes mains savaient éteindre
Le vacarme dans ma tête
Et nos corps faisaient semblant
D’être sauvés pour de vrai

Suspendre l’impact du monde
Dans la chaleur de ta peau
Voir naître un incendie lent
Sans qu’il dévore le ciel

Entre les draps de silence
Je monte lentement
Vers un vertige immobile
Où tout devient brûlant

Tes mains inventent une religion
Contre ma peau fragile
Et mon corps se défait
Comme une ville hors courant

Mon dieu — dis-moi
Ce que tu fais de moi
Je brûle plus lentement que toi
Mais je brûle encore

La forêt a rendu son jugement
Les branches craquaient sous le vent
Je ne sais plus pourquoi je tremble
Ni lequel de nous deux rêve encore

Au bord du jour
Dans la lumière bleue des vitres
Quelque chose nous retenait là
Comme deux fantômes trop vivants
Chanson à travers laquelle je raconte une histoire d’amour utilisée comme dernier refuge contre le vide.

© Poème posté le 07/05/2026 par Jamespx

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