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Kinêsis

Aristote soutint d'extravagantes thèses ;
Ne lui en voulons pas, il n'avait pas le choix.
Mais, pendant deux mille ans, on crut, de bonne foi,
Ses affirmations sous peine de fournaise !

Dans chaque objet, une vertu avait pouvoir
De l'animer, le faisant choir depuis la pointe
Jusqu'en les bras de sa maman qui, les mains jointes,
Heureuse était de constater tant l'émouvoir.

Cet amour était grave, une aimantation
Disaient certains ! On croyait lors que, dans la masse,
Se cachait cet esprit, ignorant d'amour lasse,
Dont la force exprimait vive excitation.

C'est alors qu'intervint un jeune galopin
Disant, pure hérésie, que tout corps du haut chute
Au pied du mât et non derrière ! Et ce fut lutte
Avec les doctes le traitant de turlupin.

Aucun n'avait soumis à l'épreuve le livre.
Grâce à un pendule, il montra le mouvement
De masse ne dépendre. Or, aucun test ne ment.
Inerte est pierre, hélas ! Et d'âme se délivre...

La force est réactive et pourtant tout se meut !
Si la masse est inerte, où gît la force vive ?
De quelle source un mouvement depuis dérive ?
Et la réponse vint de l'un des plus fameux

Jouteurs que la planète eût l’honneur de porter.
Du sommet jusqu'au puits, il faut de l'énergie
Pour que roule un rocher, que brûle une bougie.
Il n'est de jour qui fasse ignorance avorter.
©JIM

© Poème posté le 05/05/2026 par Jim

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