Mon livre
1
Tu dors sur la table, immobile et paisible,
Ton parfum de papier se mêle à l’impossible,
Tu sembles respirer comme un coeur endormi
Au battement doux d’un désir infini.
Je retiens nos souffles.
Tu dors sur la table, comme une fable secrète
Qui attend la caresse ou la voix d’un poète,
Comme une rose close espérant son amant,
Ou la longue nuit guettant son firmament.
Je retiens nos souffles.
Sous ta peau de papier un frisson se déploie.
Je devine un éclat, une vie au-dedans de toi,
Chaque fibre s’émeut, ton mystère « s’hellébore ».
Tu veux sitôt parler, mais ta timidité t’honore.
Je retiens nos souffles.
Je te glisse délicatement au secret,
Blotti contre une robe, près d’un fin collier,
Dans la valise sombre, à côté du linge tendre,
Ton âme « par chemin » commence à se défendre.
Je retiens nos souffles.
Tu n’es plus si pressé, ni sage, ni divin,
Petit livre, coquin, frémissant, incertain !
Ta virginité, en silence fier, se plisse,
Et ta peau se tend sous ma main, complice.
Nous partons en voyage.
Le ciel s’efface un peu,
Les nuages sont lourds, les horizons sont bleus.
Je sens ton impatience, intacte, inaltérable,
Ta fragilité pure, ta ferveur friable.
Nous partons en voyage.
Tu me mènes aux confins du désert,
Sous un soleil d’argent, brûlant et solitaire.
Les pieds nus dans le sable, je marche longuement,
Puis danse, au pas d’un dromadaire rêvant.
Nous voyageons encore, en secret, l’un dans l’autre qui se goûtent,
Toi dans mes mains, moi dans ton ombre qui m’envoûte.
Je t’écoute respirer, toi, le livre endormi,
Et j’entends ton silence bruire d’infini.
Quand soudain, une dune m’appelle, pure et douce …..
Je m’avance à pas lents, la lumière me pousse.
Je suis pourtant pressée, mais le sable a ses lois,
Et le livre son souffle, son tempo, sa voix.
Le vent se tait. Ton dos se cambre.
Une poussière d’or s’élève, un grain de cendre.
Le monde s’ouvre en moi comme un fruit inconnu,
Une étoile s’allume, timide et suspendue.
Et dans l’air irisé d’un miracle ancien,
Une voix se soulève, un rire, un lien.
Tout s’efface, le silence s’éloigne…..
Bonjour,
Dessine-moi un mouton !
Ton parfum de papier se mêle à l’impossible,
Tu sembles respirer comme un coeur endormi
Au battement doux d’un désir infini.
Je retiens nos souffles.
Tu dors sur la table, comme une fable secrète
Qui attend la caresse ou la voix d’un poète,
Comme une rose close espérant son amant,
Ou la longue nuit guettant son firmament.
Je retiens nos souffles.
Sous ta peau de papier un frisson se déploie.
Je devine un éclat, une vie au-dedans de toi,
Chaque fibre s’émeut, ton mystère « s’hellébore ».
Tu veux sitôt parler, mais ta timidité t’honore.
Je retiens nos souffles.
Je te glisse délicatement au secret,
Blotti contre une robe, près d’un fin collier,
Dans la valise sombre, à côté du linge tendre,
Ton âme « par chemin » commence à se défendre.
Je retiens nos souffles.
Tu n’es plus si pressé, ni sage, ni divin,
Petit livre, coquin, frémissant, incertain !
Ta virginité, en silence fier, se plisse,
Et ta peau se tend sous ma main, complice.
Nous partons en voyage.
Le ciel s’efface un peu,
Les nuages sont lourds, les horizons sont bleus.
Je sens ton impatience, intacte, inaltérable,
Ta fragilité pure, ta ferveur friable.
Nous partons en voyage.
Tu me mènes aux confins du désert,
Sous un soleil d’argent, brûlant et solitaire.
Les pieds nus dans le sable, je marche longuement,
Puis danse, au pas d’un dromadaire rêvant.
Nous voyageons encore, en secret, l’un dans l’autre qui se goûtent,
Toi dans mes mains, moi dans ton ombre qui m’envoûte.
Je t’écoute respirer, toi, le livre endormi,
Et j’entends ton silence bruire d’infini.
Quand soudain, une dune m’appelle, pure et douce …..
Je m’avance à pas lents, la lumière me pousse.
Je suis pourtant pressée, mais le sable a ses lois,
Et le livre son souffle, son tempo, sa voix.
Le vent se tait. Ton dos se cambre.
Une poussière d’or s’élève, un grain de cendre.
Le monde s’ouvre en moi comme un fruit inconnu,
Une étoile s’allume, timide et suspendue.
Et dans l’air irisé d’un miracle ancien,
Une voix se soulève, un rire, un lien.
Tout s’efface, le silence s’éloigne…..
Bonjour,
Dessine-moi un mouton !
