Complainte d’un versificathlète
Je t’admire, toi le poète,
Et ne m’accorde cet honneur ;
Je suis un marmiteux rimeur
Oui, un vain « versificathlète »,
Qui cartonne timidement.
Tu ouvres le grand dictionnaire,
Pour bien orthographier ton mot,
Mais moi, qui suis par trop manchot,
J’allume un « versifictionnaire »,
Pour écrire correctement.
Brel évoquait sa belgitude,
Épiloguant sur son destin ;
Moi, je me sens plutôt gredin,
Quand ma « versificissitude »
Me leste lamentablement.
Tu as le talent du suspense
À l’instar du bon écrivain.
J’écris tel un diablotin
De façon « versifiquintense »,
Et n’éveille aucun engouement.
Or quand la coronavirose
T’a terrassé un bon matin,
Je me suis senti mal soudain
Car la « versificavirose »
M’avait assailli rudement.
Trêve de mots, trêve de rires,
Tu as trépassé tout à coup.
Je me suis senti méchant loup,
Avec mes « versifisatires »
Échappées machinalement.
Et esseulé dans ma malchance,
Gâchée fut ma vitalité,
Presto je me suis délité ;
C’est la « versifixtravagance »
Qui m’a occis brutalement.
Et ne m’accorde cet honneur ;
Je suis un marmiteux rimeur
Oui, un vain « versificathlète »,
Qui cartonne timidement.
Tu ouvres le grand dictionnaire,
Pour bien orthographier ton mot,
Mais moi, qui suis par trop manchot,
J’allume un « versifictionnaire »,
Pour écrire correctement.
Brel évoquait sa belgitude,
Épiloguant sur son destin ;
Moi, je me sens plutôt gredin,
Quand ma « versificissitude »
Me leste lamentablement.
Tu as le talent du suspense
À l’instar du bon écrivain.
J’écris tel un diablotin
De façon « versifiquintense »,
Et n’éveille aucun engouement.
Or quand la coronavirose
T’a terrassé un bon matin,
Je me suis senti mal soudain
Car la « versificavirose »
M’avait assailli rudement.
Trêve de mots, trêve de rires,
Tu as trépassé tout à coup.
Je me suis senti méchant loup,
Avec mes « versifisatires »
Échappées machinalement.
Et esseulé dans ma malchance,
Gâchée fut ma vitalité,
Presto je me suis délité ;
C’est la « versifixtravagance »
Qui m’a occis brutalement.
