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Suspension

Oui, la vie ne dure pas, mais la mort non plus.
Les vieux visages familiers perdent leur vertu,
Ça dégorge autour de nous, ça vie, puis ça vide ;
Ces chimères se dilatent de nos lenteurs acides.
Néant pour néant, abolissons nos dépouilles !
Ne dormons plus sous terre, et tant pis pour les fouilles
Des archéologues prospères du bel an trois mille !
Des chercheurs d’os, congénères, ravis nécrophiles !
Incinérons nos corps, parenthèses fragiles,
Aubes crépusculaires, et reniements subtils,
En deux courts infinis, troublés par « toi » et « moi »,
Se disputant la flamme, trop éteinte déjà.
Brillants comme une étoile, dans le noir des cieux,
Nos points en suspension, pâlissent peu à peu.

© Poème posté le 25/04/2026 par Oberdada

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