Le Kiosque du parc Jean Jaurès
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Le kiosque à musique, muet comme une carpe,
Frétille dans le parc à l’ombre d’un grand chêne.
Il se souvient d'orchestres, de danses, et de harpes,
De foules piétinantes, d’amourettes anciennes.
Désormais il s’endort, son cimetière est vert ;
De lointaines balançoires repoussent dans le vent,
Des rires et des cris sourds, et aussi des paupières
Fermées, devenues lourdes, de vieillards sur des bancs.
Mais la jeunesse ici, toujours se renouvelle ;
Car bientôt cheveux blonds, jambes longues de vingt ans,
Éclosent comme pâquerettes, marguerites, ravenelles,
Et la musique renaît de l’amour frémissant.
Je soulève mes paupières, moi qui suis sur un banc ;
Je reviens en arrière, me souviens d’un voyage,
Me souviens d’une terre, où j’étais un enfant,
Loin de ce corps assis, devenu une cage.
Frétille dans le parc à l’ombre d’un grand chêne.
Il se souvient d'orchestres, de danses, et de harpes,
De foules piétinantes, d’amourettes anciennes.
Désormais il s’endort, son cimetière est vert ;
De lointaines balançoires repoussent dans le vent,
Des rires et des cris sourds, et aussi des paupières
Fermées, devenues lourdes, de vieillards sur des bancs.
Mais la jeunesse ici, toujours se renouvelle ;
Car bientôt cheveux blonds, jambes longues de vingt ans,
Éclosent comme pâquerettes, marguerites, ravenelles,
Et la musique renaît de l’amour frémissant.
Je soulève mes paupières, moi qui suis sur un banc ;
Je reviens en arrière, me souviens d’un voyage,
Me souviens d’une terre, où j’étais un enfant,
Loin de ce corps assis, devenu une cage.
