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Sans verser une thune
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Le vent, ténor désincarné,
Hurlant de rage et d’amertume,
A jeté bas comme une plume
Le chapeau de ma cheminée.

Léché par une fumée brune,
Mon mobilier s’est patiné ;
Un ocre ancien a détrôné
Le clair décor de ma fortune.

Blottie parmi ces raretés,
Je feuillette mes vieux bouquins
Dans leur livrée de maroquin
Dont le Noroît les a dotés.

Et suprême félicité,
Je sens monter vers ma narine
L’effluve enivrant de chaumine
Que fleurent mes antiquités.

© Poème posté le 05/04/2026 par Cardaline

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