Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

L'éruption sous la peau : Ce que le corps sait

Il y a des moments dans la vie
où la physiologie se rebelle contre la politesse.
En tant qu'ancienne ingénieure, je savais comment la pierre se brise sous la pression.
Mais cet hiver-là, sous la pluie lourde de Californie,
j'ai appris que la peau humaine possède sa propre sismographie.

La porte s'est ouverte. L'intruse est apparue.
La maîtresse de mon mari, venue "surprendre" notre enfant.
Mon esprit, dressé à être civilisé, à éviter le scandale,
a essayé de traiter cette information comme une erreur logique.

Mais mon corps ?
Mon corps est immédiatement passé en état d'alerte.

Assise sur le tapis, j'ai senti mes jambes brûler.
Ce n'était pas un léger picotement ;
c'était de la lave qui perçait la croûte, coulant dans mes veines.
Mes doigts ont griffé ma propre peau,
laissant des traces rouges, vives,
comme des cicatrices sur la terre après un séisme.

Le mensonge de l'esprit est toujours plus facile que la vérité du corps.
Je me suis dit que c'était la poussière.
Mais la peau est notre organe frontière,
la ligne de démarcation entre notre paix intérieure et le chaos extérieur.

À cet instant, ma peau hurlait ce que je n'avais pas le droit de dire :
"Il y a un intrus ici.
Ton intégrité a été violée.
Ta paix est contaminée."

Quand quelque chose à l'intérieur veut sortir,
et que nous ne lui laissons pas le passage par la gorge,
cela trouvera un chemin à travers les pores.
Ce n'était pas une allergie.
C'était ma force qui refusait de se cacher plus longtemps.
C'était ma propre honte,
qui, en réalité, n'était pas la mienne.

Aujourd'hui, mes frontières sont de granit.
Et si quelque chose me démange, je ne prends plus de crème.
Je me demande : "Qui est sous ma peau ?"
Et je laisse la lave brûler tout ce qui n'est pas ma vérité.
Un poème en prose tiré de mes mémoires. Une réflexion sur la façon dont notre corps réagit à la trahison avant même que notre esprit n'accepte la réalité. Parfois, la peau crie ce que la voix n'ose pas prononcer. Merci de me lire.

© Poème posté le 04/04/2026 par Magmastar

...
× Illustration agrandie