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Occasion à saisir
3

Au marché du printemps, ma foi, quelle aventure !
Étaient là des gaillards, superbes de tournure ;
Bien plantés, bien roulés, le jarret prometteur —
De quoi faire hésiter la plus sage des sœurs.

Les dames minaudaient, tournaient autour des bêtes,
Affichant la pudeur — elles étaient tôt prêtes.
« Faut voir… faut essayer… sans s’engager de trop »,
Qu’elles murmurent bas… en lorgnant le troupeau.

L’une, la plus prude, affiche une grande moue :
Mais l’œil déjà dit oui, or la bouche se noue ;
« Moi, monter là‑dessus ?… Vous me prenez pour qui ? »
Ah ! Qui dit non frissonne — et c'est déjà « tant pis » !

Survient une gaillarde, un brin moins catholique,
Qui dit : « Pas de discours, jugeons la mécanique ! »
Sans façons, elle grimpe et serre les genoux —
Et laisse bavarder qui veut tendre le cou.

Les autres restent là, la mine un peu confuse,
À palper sans oser — c’est ainsi qu’on s’abuse ;
Et le vent goguenard semble leur dire, en gros :
« À trop faire la sainte… on rate le plus beau. »

© Poème posté le 02/04/2026 par Besac

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