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La paix éternelle du géologue de l'âme
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Dans les musées où l'air fleure bon la paix,
je cherche le silence qui respire sous mes pieds.
La pierre s'est polie sous les pas des siècles,
devenue le miroir de ceux qui ont marché autrefois,
dont les voix sont tissées dans les pores du mur,
là où l'histoire s'écrit dans les sédiments.

Je cherche ces rues parisiennes désertes,
les endroits où la pierre était tranchante et neuve,
avant d'être usée par les ombres des autres,
avant que les pas ne deviennent un écho.
Dans cette paix, je ne suis pas moi ; je suis observatrice,
voyageuse à travers les histoires des autres, loin de ma réalité,
tandis que le silence, comme un manteau chaud,
me protège du bruit et de la gloire superflue.

Et puis — un son.
Le grincement du vieux parquet, cette plainte de bois,
fend l'air comme un fin fil d'or.

Ce n'est pas du bruit, c'est la clé d'une porte,
qui me ramène là où le temps s'est arrêté,
où le passé se mêle à l'odeur du vieil or,
dans des pièces où la lumière n'est que tamisée et faible.

Je suis assise dans mon coin, aux couleurs de Versailles,
entre l'or éclatant et le brun profond,
le bois et la pierre me content des secrets,
tout ce qui s'entend de plus en plus rarement aujourd'hui.
Dans un silence qui ne construit pas de ponts, mais les garde,
je reste avec ceux qui sont passés par là,
heureuse dans l'ombre qui ne souffle plus,
dans la paix éternelle du géologue de l'âme.
Une réflexion poétique où ma profession d'ancienne ingénieure en minéralogie rencontre le silence historique de Paris et de Versailles. La paix de l'âme se trouve parfois dans le grincement d'un vieux parquet. Merci de me lire.

© Poème posté le 27/03/2026 par Magmastar

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