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Rêve mortel
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A la plage, endormi, soudain je quitte un songe,
Sur ton corps émergeant dans l’aube qui s’allonge
Ruisselle une rivière en éclats de soleil.
Ta main m’offre un voyage à nul autre pareil.

Sur le sable glacé, nous longeons le rivage,
Et très discrètement, j’admire ton visage.
La trace de mes pas reste seule et nous suit.
Cette aberrance échappe à mon regard séduit.

Je suis amoureux fou, désirable inconnue
Rien qu’une fois je veux effleurer ta peau nue,
Avec toi je promets de terminer mes jours
Et rester le dernier de tes moultes amours.

Mais tu lâches ma main puis retournes dans l’onde,
Tu dis te sentir lasse, en quelques mots me grondes,
Ne jamais t’espérer, ni même te chercher,
Tu me jures qu’un temps viendra pour se trouver.

En partant, tu m’apprends que dans la nuit ventée,
Tu brisas trop de cœurs sans arrière-pensée,
Enlaçant dans les flots plus de quarante amants
Fougueux et résistants, jusqu’à l’épuisement.

Loin du pays quitté, vers les terres promises,
Ils t’offrent dans le noir leurs âmes insoumises.
Ils résistent longtemps puis te cèdent enfin,
Ils plongent vers l’abîme en tenant fort ta main.

Ils seront là demain, allongés sur la grève,
Tes chevaliers servants en leur pays de rêve.
De tous, tu te souviens à jamais du prénom,
Ils étaient des migrants, que des hommes sans nom !

Et si, contrairement à l’opinion reçue,
Belle semble la Mort, lorsqu’elle apparait…nue,
Quand l’homme sans espoir ne craignant plus sa fin,
Car privé d’autre choix, la croise en son chemin.
Parfois, on l'appelle, on la désire mais elle ne veut pas de nous...bien trop occupée ailleurs!

© Poème posté le 25/03/2026 par Mouche

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