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Echos des ruines

La ruine est à la gloire ce que le mythe est à l’histoire :
Elle existe pour elle-même, souveraine dans sa mémoire.
Ces vestiges fissurés, pourrissant sans souffle ni flamme,
Sont les gravats du temps, vestiges d’une beauté infâme.

Une splendeur funèbrement fanée, une splendeur du passé,
Se tient encore dans l’ombre des colonnes brisées,
Comme un écho de ce qui fut,
Comme un murmure des dieux disparus.

Icare, fils du vent, flamme fragile du ciel,
Tes ailes de cire tremblent sous le soleil cruel.
Tu voles trop haut, ignorant la limite des dieux,
Et dans ta chute, la beauté se brise sous les cieux.

Sisyphe, roi rusé, damné des dieux,
Pousse sans fin ta pierre vers des sommets silencieux.
Le rocher retombe, comme ton espoir déçu,
Et chaque effort vain brille dans l’ombre du temps perdu.

Les temples grecs, corps des dieux morts et silencieux,
Colonnes veuves priant dans l’ombre des cieux.
Le sacré vidé de voix, mémoire figée dans la pierre,
Vestiges immortels où le temps suspend son mystère.

Troie, cité d’or, imprenable et légendaire,
Tes murs éventrés racontent ruse et guerre.
Cendres héroïques flottent dans l’air des siècles,
Et ton nom survit, gravé dans les échos funèbres.

Atlantide, ville noyée sous l’oubli des flots,
Cité céleste engloutie par la mer et ses échos.
Tes palais sombres, tes avenues suspendues,
Sont le rêve liquide d’une éternité perdue.

Prométhée, feu sacrilège, artisan des flammes,
Tu construis et détruis, dans la cendre de tes âmes.
Le feu des hommes brille et consume l’espoir,
Et ton supplice illumine la nuit du désespoir.

Hadès, seigneur des morts, royaume d’ombres et de froid,
Tes ruines vivent plus que les vivants sous le toit.
Silence éternel, majesté des pierres mortes,
Beauté fanée du passé, où le souffle se rapporte.

Et dans ces ruines, échos des gloires disparues,
Le temps suspend sa marche, le passé continue.
Beauté funèbre et silence, mémoire étendue,
Les mythes survivent, éternels, dans l’ombre répandue.

© Poème posté le 09/03/2026 par Antoine Munoz

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