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*Emotions printanières…* Enter poétique N°10 sur « Fleurs d’Avril » d’André Lemoyne

Le bouvreuil a sifflé : _où es-tu belle amante ?
Dans l'aubépine blanche, un nid est en attente !
Les ramiers, deux à deux, couples unis pour la vie,
Ont au loin roucoulé, se lançant des défis.
Et les petits muguets, aux jolies fleurs coquettes,
Qui sous bois ont perlé, jouant de la clochette,
Embaument les ravins, les chemins et clairières
Où bleuit la pervenche en saison printanière…

Sous les vieux hêtres verts que tapissent des mousses
Dans un frais demi-jour où les champignons poussent,
Les heureux de vingt ans y flânent en souriant ;
Les mains entrelacées, les cœurs remplis d’amour
Echangent, tout rêveurs, en ces précieux instants
Des trésors de pensées dignes de troubadours
Dans un mystérieux, enivrant, langoureux
Et long baiser d'amour, un des plus audacieux … !

Les beaux enfants naïfs, ouverts à l’avenir,
Trop ingénus encore et tout en devenir,
Pour comprendre la vie, ses tristes traquenards
Et ses enchantements -comme rusés renards-,
Sont émus en plein cœur et à la fleur de l’âge,
De chauds pressentiments, de délicieux présages
Comme aux rayons d’avril, sous un ardent soleil,
Les fleurs avant d’éclore, sont en demi -sommeil…

Et l'homme ancien qui songe à sa folle jeunesse,
Aux printemps d'autrefois, aux touchantes promesses,
Oubliant, pour un jour, les maux marquant la vie,
Le nombre des années qui font les cheveux blancs,
Ecoute la voix d'or qui, autrefois, en chantant
Des heures fortunées, faisait à l’encan, envie …
Et va silencieux, cheminant à pas lents
En pleurant sous les bois, sa jeunesse enfuie …

Natara

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Poème original d’André Lemoyne..

Fleurs d'avril
Le bouvreuil a sifflé dans l'aubépine blanche ;
Les ramiers, deux à deux, ont au loin roucoulé,
Et les petits muguets, qui sous bois ont perlé,
Embaument les ravins où bleuit la pervenche.

Sous les vieux hêtres verts, dans un frais demi-jour,
Les heureux de vingt ans, les mains entrelacées,
Echangent, tout rêveurs, des trésors de pensées
Dans un mystérieux et long baiser d'amour.

Les beaux enfants naïfs, trop ingénus encore
Pour comprendre la vie et ses enchantements,
Sont émus en plein cœur de chauds pressentiments,
Comme aux rayons d'avril les fleurs avant d'éclore.

Et l'homme ancien qui songe aux printemps d'autrefois,
Oubliant pour un jour le nombre des années,
Ecoute la voix d'or des heures fortunées
Et va silencieux en pleurant sous les bois.

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Précision donnée par André Laugier -Laugierandre qui a créé ce style.
Particularité :
"En lisant simplement les seuls premiers hémistiches de gauche
de cet exercice de style, le poème original réapparait.
En le lisant en entier, une nouvelle lecture se révèle."

Tous droits réservés © Poème posté le 08/03/2026 par Natara

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