Le Navire intérieur
Il aura voyagé longtemps dans ma nuit sombre,
Le navire mystique en mon âme chaviré ;
Ses voiles ont frôlé les rivages de l’ombre
Où dort l’ancien désir que nul n’a délivré.
Ses flancs ont labouré les gouffres du silence,
Ses mâts ont gémi sous d’invisibles tourments ;
Il portait dans ses flancs une obscure science
Et l’âcre vision des rêves écœurants.
Alors montèrent, sourdes, des voix chamaniques,
Comme un tambour sacré battant dans la déraison ;
Et des dieux oubliés, sombres et saturniques,
Troublèrent violemment l’abîme de mon front.
Et du noir naufrage où s’abîme mon esprit,
Resta une braise au plus profond de mon âme.
Le navire mystique en mon âme chaviré ;
Ses voiles ont frôlé les rivages de l’ombre
Où dort l’ancien désir que nul n’a délivré.
Ses flancs ont labouré les gouffres du silence,
Ses mâts ont gémi sous d’invisibles tourments ;
Il portait dans ses flancs une obscure science
Et l’âcre vision des rêves écœurants.
Alors montèrent, sourdes, des voix chamaniques,
Comme un tambour sacré battant dans la déraison ;
Et des dieux oubliés, sombres et saturniques,
Troublèrent violemment l’abîme de mon front.
Et du noir naufrage où s’abîme mon esprit,
Resta une braise au plus profond de mon âme.
