Les nuages se font lents, chargés, barbouillés de pluies,
Lourds d’histoires et de contes d’outre-mer,
Ils abordent telles des vieilles épaves un peu aériennes
Les côtes jeunes, tout de rochers abrasifs,
Hargneuses de jeunesse, féminines en diable.
Le discours qui s’en suit n’est pas à notre portée,
Il est de lave, de mousse innocente, vieil attablé
Plein d’espoirs indéfinissables mouillés du blanc de vin.
On ne changera certes jamais les mers,
Les coquillages se recroquevillent, les sirènes hululent.
Certains font semblant d’entendre ; la fine flûte,
Silhouette songeuse, quelques bleuets prêts à l’offrande,
Prend la pose, Rodin en pose même son stylet.
Il est bon de s’imaginer pareil atelier au ciel à peine couvert,
J’y délaisse quelques fièvres, l’orage s’en va, puis s’en vient.
10 mai _ alain
