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Poème écrit par Porphyre

In vino veritas

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Tu as sué tu es en nage et fais l'amour
À plus jeune que toi à l'ombre des noyers
Tu t'assieds sur le sol et tu joues à la mourre
En entendant les chiens de la Mort aboyer
Il fait un temps si froid qu'on déneige les riches
Pour qu'eux seuls aient les droits d'être dans les maisons
Les livres sont sortis au publish or perish
Et ta femme est partie pour d'autres horizons
Tu l'as frappée trop fort Tu lui a fait des larmes
Elle sonne pour toi Elle sonne l'alarme
Agonise mon vieux elle ne t'aime plus
Les femmes ne vont pas avec les éventreurs
Miséreux éventreur tu verras qu'on t'a plu
Mais que tu ne plais pas Pas plus que les horreurs

Je me souviens Toucas attendant le printemps
Des ombres allongées sur les eaux des étangs

Je me souviens de tout des feux de la Bastille
Des enfants de la DDASS de Tamanrasset bleu
D'Aragon de Léon de Rioja de Castille
Et du saint Vatican étrange et scandaleux
Je me souviens de vous asile Henri-Matisse
Portail d'orphelinat au front garni d'airain
Statues aux yeux de jais où nous allions jadis
Et la Ninette et moi embourbés de purin

Ô sang ô désespoir ô souffrance d'apprendre
Ô Mère ô fascicule ô temps immémoriaux
Je n'ai jamais rien dit que l'on ne put comprendre
Et pourtant je peux voir vos yeux cimétériaux
Me regarder de haut avec des iris noires
Mère je n'en puis plus de vous redire vous
Je vois tes sangsues vivre au fond de ma baignoire
Je sens les cavaliers comme si j'étais fou
Me faire une bile ocre un sang de campanule
Je sens les parités s'en aller loin de moi
N'égalant jamais rien que l'équation nulle
Apprise sans vouloir dans un lycée nîmois
Je peux sentir de loin que tu me fais la tête
Avec tes mains de Dieu avec tes yeux de fées
Je peux sentir la boue me couler sur la tête
Comme des gouttes d'eau tombant sur les pavés
Je sens les odeurs feues des sucres impalpables
Me monter dans le nez comme des ipomées
Des glycines du lierre ou du raisin de table
Et je sens tes mots doux comme Io à Némée

Lorsque tous les oiseaux auront bu à ma tasse
Et que tous les enfants s'en seront dératés
In vino veritas In vino veritas
La coupe de Tantale aura des airs ratés
Qu'importe la maxime et C.-A. Sainte-Beuve
Callisthène Euripide Eschyle Néophron
Intercalées dans l'an ce sont les années veuves
Que je veux ressentir s'écrouler sur mon front
Et je te reviendrai - Lieu-dit ? - L'éternité

Tous droits réservés © Poème posté le 11/02/2026 par Porphyre

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