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Rêve bleu
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Il n’y a plus de division
Dans les couleurs franches.
Nous sommes tous des statues de cire,
À la blancheur écrue ou cassée.

Pour aimer quelqu’un de nouveau,
Elle rêve bleu,
Comme un oiseau de paradis,
Plonger dans la rosée d’un océan, se noyer.

Elle a quitté la plage
À cause de la neige.
Elle a enterré tous les poissons morts,
Un à un,
Au rythme des marées.

Non,
Elle n’a rien oublié.

Aujourd’hui encore,
Elle imagine demain
Avec ces flocons
Livrés à eux-mêmes,
Ceux qui tiendront plus longtemps,
Juste
Aussi longtemps que la neige
Restera dehors.

Devant les ombres mortes,
L’amoureuse détourne les yeux.
La peur bleue vibre
Dans le canal de ses yeux noisette,
Brille
Sous la lune pâle
Des nuits sans fin.

Elle a compté les vagues
Se briser
Sur le vent salé,
Et recompté
Les mères pieuses
Serrant leurs enfants
De mains gantées
De soie noire.

À chaque coup de pioche.
À chaque rappel.
Dans la rubrique obsèques,
Les mots
Lavent les corps
Qui dorment.

L’eau monte.
Ne s’écoule plus.
Comme un lait maternel
Sans lèvres.

Elle a quitté les quais
À cause du vin.
Elle a enterré
Les raisins de sa colère,
Un à un,
À travers la vigne.

Non.
Elle n’oubliera rien.
S’évanouir.
Sous un ciel dégagé.
Rêver.

Il n’y a plus de division
Dans les couleurs franches.
Nous sommes tous des statues de cire,
À la blancheur écrue, cassée.

Pour aimer quelqu’un de nouveau,
Elle rêve encore bleu,
Comme un oiseau de paradis.

© Poème posté le 04/02/2026 par Jamespx

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