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Mourir de mort lente
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La mort
me fait peur,
terriblement.
Elle m’effraye.
Je ne suis déjà pas grand’chose,
Je ne serai plus rien.
Le néant.
Un avant goût du néant ?
la fois où je suis tombé dans les pommes,
évanoui sur le carrelage ?
Et si comme Jacques Brel on dit :
« Mourir, la belle affaire !
Mais vieillir, oh ! vieillir. »
Vieillir, oh ! vieillir,
chaque jour se sentir
diminué, « handicapé ».
Chaque jour, chaque mois,
un organe qui se déglingue
un autre qui fout le camp.
Ne plus pouvoir sauter courir
condamné à marcher
à boitiller,
finie l’élasticité.
Ne plus savoir ouvrir
ces satanées bouteilles en plastique,
plus de force dans les doigts.
Vieillir. Partir vers la cuisine
chercher quelque chose
arrêté à mi-chemin,
c’était quoi, encore ?
On peut dire aussi :
Vieillir, la belle affaire !
Mais souffrir, oh ! Souffrir.
Une arthrose par-ci,
un rhumatisme par-là,
cette toux caverneuse,
ce genou qui flanche,
et ce mal au dos, ce mal au dos.
Parfois on se tient la tête à deux mains,
de crainte qu’elle n’explose.
Et cette douleur aiguë
au milieu de la poitrine,
ce coeur qui bat la chamade ,
ne va-t-il pas s’arrêter ?
La mort, j’en ai peur.

« L’approche de la mort terrifie, mais si le nouveau-né avait conscience de l’approche de la vie, il serait tout aussi terrifié » CHARLIE CHAPLIN
vittorio, pour quelque temps encore

© Poème posté le 04/02/2026 par Ggabrielle

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