Pourquoi ai-je l'impression
Que vous ne m'aimez que quand je ne suis pas là ?
Que vous n'accordez vos "attentions"
Qu'aux choses qui ne le méritent pas ?
J'ai organisé un banquet
J'ai invité mes amis Didier et Olivier
L'un était au boulot, en plein travail
L'autre montait dans sa plantation des épouvantails.
J'ai organisé mon anniversaire
J'ai invité père et mère, grand-père et grand-mère, oncles et tantes, neveux et cousins, sœur et frère.
« Nous viendrons la fois prochaine. L'anniversaire, c'est tous les ans »
Ont-ils répondu. Trop occupés, et mon invitation en déclinant.
J'ai organisé une soirée romantique pour deux
« Viens, dulcinée. Passons un agréable moment.
Soyons heureux
Et laisse-moi te faire l'amour ».
« Oh, que j'ai la nausée.
J'ai mal au corps, et j'ai le tournis.
À chacun de mes pas, je me sens comme tombant d'une tour »
Et j'ai continué d'inviter
Et ils ne cessèrent de décliner.
Tant chacun paraissait si occupé
Que leurs excuses me laissèrent le souffle coupé.
Alors, un jour, on leur apprend ma mort
On leur a dit que j'ai passé l'arme à gauche en souriant, acceptant mon sort.
Et voilà que tout le monde est d'ores et déjà disponible
Tel et tel étaient là, plus de travaux en double
L'ami n'était plus occupé
Frères et sœurs étaient arrivés
Père et mère avaient du temps
Oncles et tantes étaient omniprésents.
Neveux et nièces crièrent malheur
Belle compagne sombrait en pleurs.
Là-haut, mon âme sur une étoile perchée,
Je contemplais la foule mêlée.
J'ignorais que j'avais tant de connaissances
Certains même que je n'avais jamais vus de mon existence.
Tous étaient là pour pleurer ma mort. Incroyable.
Ils n'avaient jamais du temps pour une nouba possible.
Est-ce ça l'étendue de leur amour ? Hélas.
Ils ne m'aiment que quand je ne suis pas là.
