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Le fin mot de l'histoire
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Avant qu’une chose puisse être dite,
Comme une messe entonnée en chaire,
Il faut qu’elle s’inscrive dans les chairs,
Sa vérité n’est pas écrite.

Il faut d’abord qu’une chose soit faite,
En ait de bonnes à raconter,
Avant qu’elle se puisse commenter,
Comme une victoire ou une défaite.

Lorsqu’on appose le point final,
La curiosité satisfaite,
Bâclée, fantastique ou banale,
On sait qu’elle fut débâcle ou fête.

Dans cette attente, c’est un brouillon,
Qui se rature, se contredit,
Se travestit, reine et souillon,
Qui en laisse les sens interdits.

Des princeps, c’est un principe,
S’étiolent les versions dégradées,
Le derme virginal se fripe,
Au terme de flips saccadés.

Gaffes et hachures vont cochonner,
L’usure obstinée, élimer
Les traits fermes et parfaits gommés,
D’esquisses vitales, vite crayonnées.

Aux aiguillages, l’égarement,
Une réplique cruciale qu’on bafouille,
Baffe au final retournement,
La signature de la bafouille.

On peut la pyramide grimpée,
Contempler le panorama,
On n’est au pied, machine grippée,
Qu’un pitre en tongs et panama.

Autour d’un thé anglais grand cru,
Dire, les dernières gouttes sirotées,
Qu’on a douté et qu’on a cru,
Gouté à tout et dégusté.

© Poème posté le 22/01/2026 par Deshaiessaintes

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