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Gloomy Sunday, Blue Monday
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Un jour ce cœur usé aura cessé de battre,
Ces pieds exténués ne voudront plus marcher ;
J’entendrai la rumeur de ce monde décroître
Et gémir sur le fleuve un grèbe effarouché.

Mes yeux se faneront, comme l’œillet des sables
Agonise et s’esquive, ayant offert assez ;
Mes doigts ne retiendront plus rien de désirable,
Mon cerveau délabré ne saura plus penser.

En vain s’embrasera le tunnel de lumière
Qui se montre, dit-on, à l’heure où l’on s’endort ;
Ma gorge exhalera peut-être une prière,
Un sanglot dérisoire, et puis je serai mort.

Et tout ne sera plus qu’ombres sans importance,
Dehors éclateront des piaillements joyeux.
Des juges d’autrefois ont écrit la sentence :
Je ne suis après tout ni surhomme, ni Dieu.

Un hôte qui s’en va, ce n’est pas une affaire
S’il a payé son dû ; nul n’examinera
Ce qui est mal fini, ce qu’il faudrait refaire :
Un de plus, un de moins, au fond, bon débarras.
Gloomy Sunday (en français, « Sombre Dimanche ») est originellement une chanson hongroise (Szomorú Vasárnap), particulièrement sinistre, au point qu’elle fut interdite un temps parce qu’elle provoquait, dit-on, trop de suicides… Le « Blue Monday » en revanche serait une invention marketing : il s’agit du 2ème ou du 3ème lundi de janvier, jour présenté comme définitivement désespérant. Voilà pour l’ambiance.
(P.S. On n’est pas obligé de tout prendre au pied de la lettre, et par ailleurs la version française de la chanson me paraît médiocre).

© Poème posté le 16/01/2026 par Tontonjacques

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