Lettre à Jacques Prévert
6
Cher Jacques,
Je t’écris depuis un arbre.
Oui, un arbre.
Je suis montée dedans
pour mieux voir ce qui se passe
quand le monde oublie
de faire semblant.
D’ici, tout a l’air plus vrai :
les gens qui passent
font tomber des miettes d’âme,
les oiseaux me piquent mes pensées
pour en faire des nids,
et le vent a décidé
de me tutoyer en premier.
Je te parle d’ici,
les pieds pleins de mousse
et les cheveux en désordre,
comme une petite tempête.
C’est mon état naturel,
tu sais :
je suis née avec un cœur
qui grimpe partout
et qui n’a jamais vraiment appris
à marcher droit.
J’ai lu tes poèmes
comme on lit les traces d’un animal
dans le sable :
ça parle de liberté,
une liberté qui mord un peu,
qui rit fort,
qui pleure sans se soucier
si quelqu’un regarde.
J’ai aimé ça.
J’ai reconnu ma tribu.
Jacques,
je t’écris parce que l’autre jour
j’ai surpris la vie
faire une roulade dans ma poitrine.
Elle riait comme une gamine
qui venait de voler des cerises.
Ça m’a émue,
alors j’ai roulé avec elle,
dans mon ventre,
dans ma tête,
dans un coin de ciel.
Je sais que tu comprends :
les grandes personnes
qui refusent de grandir
sont les seules
qui grandissent vraiment.
D’ailleurs,
je te raconte un secret :
j’ai un endroit en moi
où je garde mes blessures
comme des cailloux colorés.
Je les frotte au soleil
et elles deviennent des lucioles.
Ça m’aide à avancer
quand je perds le chemin.
Tu aurais sûrement écrit un poème
juste pour leur dire bonjour.
Jacques,
si tu peux,
envoie-moi un signe,
un petit morceau de poésie sauvage
qui gratte comme une ronce
et soigne comme une main chaude.
Je ne veux pas de réponse sage,
je veux une réponse qui saute dans les flaques.
Je te laisse,
il fait presque nuit,
et la forêt intérieure
a ses propres règles :
quand la lune arrive,
on doit tout recommencer :
respirer, rêver,
aimer, désobéir un peu.
Appoline
Je t’écris depuis un arbre.
Oui, un arbre.
Je suis montée dedans
pour mieux voir ce qui se passe
quand le monde oublie
de faire semblant.
D’ici, tout a l’air plus vrai :
les gens qui passent
font tomber des miettes d’âme,
les oiseaux me piquent mes pensées
pour en faire des nids,
et le vent a décidé
de me tutoyer en premier.
Je te parle d’ici,
les pieds pleins de mousse
et les cheveux en désordre,
comme une petite tempête.
C’est mon état naturel,
tu sais :
je suis née avec un cœur
qui grimpe partout
et qui n’a jamais vraiment appris
à marcher droit.
J’ai lu tes poèmes
comme on lit les traces d’un animal
dans le sable :
ça parle de liberté,
une liberté qui mord un peu,
qui rit fort,
qui pleure sans se soucier
si quelqu’un regarde.
J’ai aimé ça.
J’ai reconnu ma tribu.
Jacques,
je t’écris parce que l’autre jour
j’ai surpris la vie
faire une roulade dans ma poitrine.
Elle riait comme une gamine
qui venait de voler des cerises.
Ça m’a émue,
alors j’ai roulé avec elle,
dans mon ventre,
dans ma tête,
dans un coin de ciel.
Je sais que tu comprends :
les grandes personnes
qui refusent de grandir
sont les seules
qui grandissent vraiment.
D’ailleurs,
je te raconte un secret :
j’ai un endroit en moi
où je garde mes blessures
comme des cailloux colorés.
Je les frotte au soleil
et elles deviennent des lucioles.
Ça m’aide à avancer
quand je perds le chemin.
Tu aurais sûrement écrit un poème
juste pour leur dire bonjour.
Jacques,
si tu peux,
envoie-moi un signe,
un petit morceau de poésie sauvage
qui gratte comme une ronce
et soigne comme une main chaude.
Je ne veux pas de réponse sage,
je veux une réponse qui saute dans les flaques.
Je te laisse,
il fait presque nuit,
et la forêt intérieure
a ses propres règles :
quand la lune arrive,
on doit tout recommencer :
respirer, rêver,
aimer, désobéir un peu.
Appoline
