J'ai vu son reflet,
Un matin dans le miroir,
Même yeux insondables, même effet,
Ni bleu, ni vert, ni gris... Ce même regard.
Ma carrure, c'est la sienne
Mon ingéniosité, l'Instinct manuel...
"Tu lui ressemble", cette phrase qui suscite tant de peine,
Tant de bataille et de lutte, pour quelle ne soit pas "réelle"...
J'ai usé les trottoirs, et rasé les murs,
Je ne voulais pas voir son reflet en peinture.
Alors j'ai fermé les yeux,
Fermé ce qui faisait de moi.
Cet autre qui aurait pu faire mieux,
Cette maudite copie de toi.
J'ai lu, me suis abrevé de connaissance.
Suivis des études pour acquérir des savoirs...
Et perdue une enfance,
A refuser de revivre le même schéma, la même histoire...
J'ai appris les bonnes manières, la politesse et l'ambition.
Car il n'est pire engeance que: les abus, les coups et la violence, trahissant le manque d'éducation !
Et si j'ai élevé mon âme, au prix de nombreux sacrifices...
Demeure le goût infâme de ce père pétri de vice !
Aujourd'hui, je lui pardonne.
Même l'indéfendable, et sa face la plus noire,
Dans ce miroir sans teint raisonne...
"Tu ne verras jamais plus son reflet dans ce miroir".
Mes yeux restent les siens,
Mes cheveux et la forme de mon visage...
Mon sourire, mes silences vains...
Ce miroir brisé, et peut-être même les éclats de verre dans leurs sillages...
