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Envol de poussière
1

Mon imagination décolle
Face au triste soleil levant,
Et mes chimères caracolent
Comme jamais auparavant.
Ces échos lointains de ma lyre,
Chargés de vœux et de sourires,
Éclos au bout de mon pinceau
Comme de gracieux oiseaux,
Éclos au bout de mon pinceau
Pour quelque noble châtelaine,
Que de travaux ils m’ont coûté !
Où sont-ils, Vierge souveraine ?
Où sont leurs reflets enchantés ?

Où sont mes dizains romantiques,
Mes rondeaux sobres et discrets,
Et mes sonnets, et mes cantiques,
De leur absence j’ai regret.
J’ai oublié ce qu’ils racontent
Mais leur ferveur en moi remonte ;
S’ils ont glissé dans le sommeil,
Leur bruissement est nonpareil.
S’ils ont glissé dans le sommeil,
Ils murmurent encore — à peine :
Il est trop tard pour les sauver.
Où sont-ils, Vierge souveraine ?
Qui donc saurait les retrouver ?

Ils ont fini dans la poussière,
Tous ces alexandrins fiévreux.
Leur indolente fin dernière
Les a rendus plus douloureux
— Comme un lys qui sous terre germe,
Se dresse, éclot, puis se referme.
Et les refrains de mes chansons
Emplis d’espoirs et de frissons,
Et les refrains de mes chansons
Que j’entonnais à perdre haleine,
Nul n’ira plus les déclamer…
Où sont-ils, Vierge souveraine ?
Pourquoi vivre, à quoi bon rimer ?
Encore un poème exhumé du Panthéon, désolé pour la redite éventuelle. Accessoirement, la forme et les rimes sont celles de L’École buissonnière, de Léon Durocher (1862-1918), mais la ressemblance s’arrête là.

© Poème posté le 09/01/2026 par Tontonjacques

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