L'abandon
5
Il arpentait le flanc escarpé des collines,
Profil sombre anguleux, sur des sentiers déserts ;
Désespoir ou colère, il hérissait l’échine
Et menaçait mes pas du haut de sa misère.
De la déréliction il fait l’apprentissage,
Tourmenté des rigueurs de la morte-saison,
N’ayant pour subsister que la pierre et la rage
D’être oublié ici, sans but ni horizon.
De son corps décharné, il poursuivait sans fin
La trace évanouie des compagnons qu’il aime
Envers et contre tout, prêt à lécher leur main
S’ils survenaient, ô joie, et vivement l’emmènent.
Mais sa quête est amère, il ne sait où aller,
Où chercher sa famille, où trouver sa pitance ;
Transi, jour après jour un peu plus accablé,
La lassitude au cœur, sans repos il avance.
Squelettique et hargneux, il n’était que la mort
Qui pût anéantir sa profonde détresse
Et transporter son âme au ciel où s’évaporent
Le regret du passé, et les nuits de tristesse.
Profil sombre anguleux, sur des sentiers déserts ;
Désespoir ou colère, il hérissait l’échine
Et menaçait mes pas du haut de sa misère.
De la déréliction il fait l’apprentissage,
Tourmenté des rigueurs de la morte-saison,
N’ayant pour subsister que la pierre et la rage
D’être oublié ici, sans but ni horizon.
De son corps décharné, il poursuivait sans fin
La trace évanouie des compagnons qu’il aime
Envers et contre tout, prêt à lécher leur main
S’ils survenaient, ô joie, et vivement l’emmènent.
Mais sa quête est amère, il ne sait où aller,
Où chercher sa famille, où trouver sa pitance ;
Transi, jour après jour un peu plus accablé,
La lassitude au cœur, sans repos il avance.
Squelettique et hargneux, il n’était que la mort
Qui pût anéantir sa profonde détresse
Et transporter son âme au ciel où s’évaporent
Le regret du passé, et les nuits de tristesse.
