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Poème écrit par Inca

Nuits de Grenade

Un soir , je marchais dans Grenade
l’esprit plein du Romancero
des lunes de Lorca
aux forges du Sacramento.

Entre les bosquets de sombre verdure
aux nuits du tablao,les flammes dansaient,
âmes bleues dans la fumée,
au compas des gitanes,
robes rouges enrubanées,
prêtresses mystiques et profanes.

Dans le noir , seul sur une chaise,
Paco Bacan prodiguait ses arpèges divins,
la foule silencieuse
attendait que le maître chante.

Dans une aura fuligineuse,
le chant s'éleva sur la piste brûlante ,
les cordes pleuraient sous ses doigts
de nuits enchantées et violentes.

Je succombais aux sortilèges de Grenade,
ombre et parfum d’orangers en fleurs,
quand le zapateo fait trembler la terre
au compas du chant des hommes fiers .

Un feu rougeoyant s’éteint dans le patio.
Une fleur de solea y danse,
de pourpre ardent bat son cœur ,
et dans ses cheveux ,
que la lune d’argent encense
une fleur
vient éclore sous mes yeux.

Les corps arpègent dans la folie du compas ;
ivresse d'accords dissonant et de vin fort ,
le talon martèle le planches ,
comme un marteau , l'enclume;
et sous la lune qui sur lui se penche ,
le chant emplit l'ombre,
au coin d'un feu qui fume.
 
Des yeux de braise peuplent la nuit
extasiée du Duende dans le rayon de lune
qui étrangement luit
dans le ballet des boucles brunes.

En filigrane sur la lune d'étain ,
l'ombre de Lorca couvre Grenade,
l'esprit du Romancero fuit en sérénade
dans le jour qui s'éteint.

Tous droits réservés © Poème posté le 28/12/2025 par Inca

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