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Poème écrit par Jossicus

Sous le silence des saints

Noël revient déjà, la bruine me caresse le visage,
Les yeux levés au ciel, comme si j’y trouverais un message.
Sur mes joues, je laisse s’écouler les gouttes de ma mémoire,
S’y rejouent sans cesse les scènes tranchantes de mes histoires,

Donc les tambours recommencent, annoncent un nouveau combat,
Mais j’ai enchaîné mon cœur pour ne plus sentir les balles,
Je cueille mes rêves comme on récolte les Opuntias,
Car j’ai abattu l’homme bon qui sommeillait au fond de moi.

C’est un nouveau virage, la ville de nuit me dévisage,
Errant dans les rues de la vie comme si j’étais un mirage.
Car les fantômes n’ont pas d’ailes, mais ils n’ont aussi pas d’âge,
Comme la floraison et la joie, je ne suis que de passage.

Allongé dans un lit de pétales, bercé par mes mensonges,
Les roses qui depuis ont fané ne m’ont laissé que leurs ronces.
Dans une réalité spectrale, dévoré par tous mes songes,
Je ferme les yeux et je m’abandonne à la spirale absconse.


Retrouve moi sur un toit ou sous la courbure de ce voile,
Le cœur scellé pour ne pas que l’on m’entende ou qu’on me voit,
Je compterai les étoiles puisque je ne peux compter sur toi,
Les mains serrées, j’entends des voix, je me soumets à la lune noire.

Retrouve moi pour un choix ou pour la morsure du dévoile,
Le cœur scellé et suintant mes maux que je dépose sur toile.
Je conterai mes émois, puisque tu ne me verras pas choir,
Les mains jointes, j’attends, je ploie, je m’incline sous la lune noire.


Le masque de mon entrave baigne désormais dans les flammes,
Léché par la langue du diable qui a mis mon âme en gage.
La flasque de mes déboires, remplie par les larmes des femmes,
Gravant de lettres de feu l’ardent serment de mon naufrage.

Le Paradis me brûle à vif, m’enflamme et je m’éteins seul,
Sans gravité, je vois le bien, le mal orbiter dans ma paume.
Et le Malin me rappelle pourquoi j’ai tant horreur des hommes,
Donc je la referme, emprisonné, ma raison est devenue veule.

J’inverse mon signe de croix, car je ne sais plus en qui croire,
Depuis, j’ai enterré mes prières sous l’ombre du Beffroi.
J’ai refusé la lumière et j’ai choisi mon échoir,
Dans le miroir, enfin je vois que les démons n’étaient que moi.
A good man with a broken heart - LoVibe
(https://www.youtube.com/watch?v=sKwVrsMf6g0)

Tous droits réservés © Poème posté le 24/12/2025 par Jossicus

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